Dans le quartier de Victoria Island à Lagos, la flore de la lagune a presque entièrement disparu, avalée par l'urbanisation galopante. Monai McCullough, chercheuse indépendante en écologie, organise des balades au coeur de la ville sur les traces de ces anciennes zones humides. Une manière d'éveiller les consciences sur la déforestation et ses conséquences écologiques dans une mégalopole de 20 millions d'habitants.
Ce samedi matin, une dizaine de personnes se retrouvent pour une déambulation dans Victoria Island, un quartier de Lagos où se dressaient autrefois une forêt tropicale et une mangrove. Cette dernière, aujourd'hui disparue, formait une barrière de protection naturelle pour la côte.
« Les arbres, la flore et la faune d'origine ont été remplacés par de magnifiques bâtiments. Nous constatons maintenant des inondations et de nombreux effets néfastes liés à l'absence de protection de ce littoral. L'histoire de l'île Victoria est marquée par la disparition des zones humides », témoigne Monai McCullough, une chercheuse étatsunienne en écologie et installée au Nigeria depuis trois ans dans le but de répertorier les arbres du pays et de partager ses connaissances avec les habitants de Lagos.
La ville exposée à des inondations
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L'absence de végétation pour limiter le ruissellement des eaux de pluie combinée à des systèmes de drainage insuffisants ont exposé ces dernières semaines Lagos à d'impressionnantes inondations.
Pour Shola, l'une des participantes, cette balade a été l'occasion d'une prise de conscience. « Non seulement notre nature est magnifique, mais elle est aussi précieuse et indispensable à nos infrastructures. Par exemple, certaines plantes filtrent l'eau, résistent au feu et procurent de l'ombre. C'est ce que nous perdons en ne comprenant pas comment intégrer pleinement les plantes et les arbres dans la planification de nos infrastructures », explique-t-elle.
Sans freiner le développement urbain, le gouvernement de Lagos tente tout de même de reverdir la ville en distribuant gratuitement chaque année en juillet des jeunes pousses d'arbres à planter aux citoyens.
Outre les inondations, l'augmentation des températures est aussi un problème à cause de la disparition des arbres. Il a été démontré que les zones arborées étaient de trois à cinq degrés plus fraîches que les zones sans arbres. Cela crée un effet en cascade, avec des vagues de chaleur et des problèmes de santé.