La Gambie et le Sénégal ont finalisé, mercredi 29 juillet, un « accord définitif » pour clarifier le tracé de leur frontière commune.
Cette annonce du Secrétariat permanent sénégalo-gambien fait suite à un incident survenu le 16 juillet dernier, lorsque des éléments de l'armée sénégalaise ont procédé à la démolition d'un mur de clôture d'un poste militaire gambien, près de Bullock, au sud-ouest de la Gambie.
La Gambie avait dénoncé un acte « provocateur et inacceptable », alors que les autorités sénégalaises évoquaient des « empiétements affectant son intégrité territoriale » dans cette zone.
Pour dissiper toute nouvelle tension, les deux pays se sont mis d'accord pour reprendre les opérations conjointes de bornage et de matérialisation sur le terrain, à partir de la mi-août.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Des bornes physiques pour délimiter la frontière
Ainsi, la feuille de route, adoptée la semaine dernière, prévoit d'accélérer la démarcation et la densification, c'est-à-dire la mise en place de bornes physiques pour délimiter la frontière entre la Gambie et le Sénégal.
Selon Cherno Omar Barry, secrétaire exécutif adjoint du Secrétariat permanent sénégalo-gambien, ces opérations ont débuté dès le mois de juin, mais elles ont été suspendues à cause d'un retard dans la formation des experts gambiens chargés de cet exercice conjoint.
Les activités de démarcation de la frontière sud vont reprendre dès le 15 août. En plus du bornage, une campagne de sensibilisation sera également menée auprès des frontaliers. Des fermiers gambiens sont parfois interpellés par les soldats sénégalais, lorsque leurs cultures débordent sur la zone tampon entre le Sénégal et la Gambie.
Délimiter également le campement militaire gambien de Bullock
La nouvelle démarcation, qui doit être achevée au mois de septembre, permettra aussi de déterminer si le campement militaire gambien de Bullock empiète effectivement sur le territoire sénégalais, ou pas, selon Cherno Omar Barry.
Face aux tensions diplomatiques créées par cet incident, les autorités ont choisi de privilégier le dialogue, à travers les mécanismes de concertation mutuelle existant, de longue date, entre les deux pays.
Les deux États se sont mis d'accord depuis 2015 de faire la densification. La densification, en fait, c'est de reconnaître là où il n'y a plus de bornes et d'essayer de mettre les bornes pour mieux identifier la frontière. Et au conseil présidentiel qui s'est tenu en juin, ils se sont tous mis d'accord qu'il faudra impérativement lancer cette activité pour permettre, avec un calendrier entre juin et septembre, de finir la densification de toute la frontière. Malheureusement, il était nécessaire de trouver les experts qui soutiendront des experts gambiens sur le terrain et permettront donc à ces experts de travailler main dans la main avec les experts sénégalais pour assurer la densification, sans que ça puisse être un problème. Ce qui est arrivé à Bullock, c'est malheureux. C'est un incident qui aurait pu être évité, certainement. Mais comme la densification n'est pas encore définitivement finie, les deux États se sont mis d'accord pour suspendre tous travaux jusqu'à la fin de la densification pour arriver à déterminer si le campement se trouve au Sénégal ou pas.
Cherno Omar Barry, secrétaire exécutif adjoint du Secrétariat permanent sénégalo-gambien: « Les deux États se sont mis d'accord pour suspendre tous travaux jusqu'à la fin de la densification...»