Depuis plusieurs années, j'observe avec attention la transformation du Bénin. Et plus le temps passe, plus une conviction s'impose à moi : ce pays est en train de démontrer qu'en Afrique, le développement n'est pas une question de discours, mais de méthode.
Ce qui m'impressionne le plus n'est pas seulement la croissance économique du Bénin. Ce sont les choix de gouvernance qui l'accompagnent.
Sous le président Patrice Talon, puis aujourd'hui avec le président Romuald Wadagni, j'ai le sentiment que le Bénin a fait un choix courageux : celui de mettre le travail avant le spectacle, les résultats avant le populisme et l'intérêt général avant le culte de la personnalité.
J'observe un État qui communique moins sur les hommes et davantage sur les réalisations. Des cérémonies sobres, des inaugurations sans démesure, une administration qui semble davantage mobilisée autour des objectifs que de la mise en scène du pouvoir.
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Pendant que certains États continuent de mesurer leur puissance à la longueur des cortèges, au faste des cérémonies ou au nombre de banderoles, le Bénin semble avoir compris que le véritable prestige d'un pays se lit dans la qualité de ses infrastructures, la solidité de son économie, la confiance des investisseurs et l'amélioration des conditions de vie de sa population.
Les chiffres méritent d'être regardés avec sérieux. Une croissance parmi les plus fortes du continent, des investissements publics structurants, des infrastructures qui se multiplient, une économie plus attractive et une crédibilité renforcée auprès des partenaires internationaux.
J'entends souvent des critiques sur la dette du Bénin. Pour ma part, je préfère regarder les faits avant les slogans.
Oui, le Bénin s'est endetté. Mais sa dette reste globalement soutenable, autour de 60 % du PIB. Plus important encore, une grande partie de ces ressources a été orientée vers des investissements productifs : routes, énergie, ports, zones industrielles, numérique et modernisation de l'administration. Une dette qui finance des actifs capables de soutenir la croissance future n'a pas la même portée qu'une dette qui sert essentiellement à couvrir des dépenses courantes.
À mes yeux, ce n'est donc pas le niveau de la dette qui doit être la première question. La vraie question est : qu'a-t-on construit avec l'argent emprunté ?
Voilà le débat que nous devrions avoir dans nos pays.
Je suis convaincue que beaucoup de dirigeants africains de l'Afrique Centrale et francophones gagneraient à regarder le Bénin avec davantage d'humilité. Non pas pour copier aveuglément son modèle, car chaque pays a ses réalités, mais pour s'inspirer d'une idée simple : la meilleure communication d'un gouvernement, ce sont ses résultats.
Je lance un appel à nos gouvernants, particulièrement en Afrique centrale.
Réduisons le culte du paraître.
Réduisons les dépenses de prestige.
Investissons davantage dans les écoles, les hôpitaux, les routes, l'agriculture, l'industrie, le numérique et l'emploi des jeunes.
L'histoire retiendra les bâtisseurs, pas les organisateurs de cérémonies.
Un chef d'État n'entre pas dans l'Histoire par la grandeur de ses défilés. Il y entre parce qu'il laisse derrière lui des institutions solides, une économie plus forte et un peuple qui vit mieux.
C'est pourquoi je considère aujourd'hui que le Bénin envoie un message fort à toute l'Afrique : la sobriété n'est pas un signe de faiblesse ; elle est souvent la marque d'un État qui a choisi de consacrer ses ressources à l'essentiel.
Notre continent n'a pas besoin de plus de faste.
Il a besoin de plus de résultats.
Et c'est cette Afrique-là que j'appelle de tous mes voeux.