Afrique de l'Ouest: Détection d'escroquerie aux faux ordres de virement - L'Afrique de l'Ouest, région la plus active sur le continent (Rapport)

Dakar — L'Organisation internationale de la police criminelle (Interpol) présente l'Afrique de l'Ouest comme la région la plus active en matière de détection d'escroqueries aux faux ordres de virement sur le continent africain.

"L'Afrique de l'Ouest est la région la plus active en matière de détection d'escroqueries aux faux ordres de virement", indique la police criminelle internationale dans un rapport d'évaluation des cybermenaces en Afrique consulté par l'APS.

Le document rendu public, lundi, signale que les détections de rançongiciels en 2025, recensées ont atteint des niveaux record au Cap-Vert, avec 16 997 détections, le deuxième chiffre le plus élevé d'Afrique.

Le Nigéria, avec 5 822 détections, illustre le double rôle du pays, à la fois source et cible de la cybercriminalité, note le rapport qui fait figurer la Côte d'Ivoire parmi les pays les plus touchés par les rançongiciels. Le pays se hisse à la troisième place en termes d'adresses IP d'expéditeurs d'extorsion sexuelle, avec 64 111 détections recensées, selon Interpol.

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De son côté, le Mali a enregistré le plus grand nombre de détections d'extorsion sexuelle en Afrique de l'Ouest, avec 3 494 incidents, suggérant le développement d'une infrastructure pour les campagnes de chantage automatisées dans ce pays, mentionne le rapport.

Il fait observer que dans ce pays, les attaques DDoS, prédominantes en 2024, ont diminué au premier semestre 2025, même si 4 145 attaques y ont été recensées.

Interpol décèle ainsi "un recentrage stratégique vers des vecteurs plus lucratifs et moins détectables, tels que les escroqueries aux faux ordres de virement (BEC) et les arnaques aux cryptomonnaies".

D'une manière générale, les fraudes liées à l'argent mobile et les escroqueries aux cryptomonnaies, notamment les systèmes de Ponzi et les arnaques sentimentales, étaient très répandues (en 2025) dans la région, en ayant été souvent associées à des centres d'escroquerie opérant sous couvert de jeunes entreprises fintech.

L'enquête a par ailleurs révélé un volume élevé d'escroqueries en langue française dans la région et la présence de réseaux transfrontaliers de blanchiment d'argent, mettant en évidence son rôle de carrefour entre les écosystèmes criminels africains et mondiaux.

Signe de l'audace des réseaux criminels, le site web du Bureau nigérian des statistiques (NBS) a été piraté en 2025, mettant en évidence la vulnérabilité des principales institutions nationales aux cyberattaques, fait remarquer Interpol.

Elle rapporte que cette attaque a perturbé la collecte de données économiques et alimenté des campagnes de désinformation, démontrant ainsi l'importance stratégique du ciblage des infrastructures de données publiques.

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