L'expert juridique, Dr Mohamed Al-Zain, a souligné l'importance de l'activation des mécanismes de justice internationale et de la traduction en justice des responsables des violations commises par la milice depuis le 15 avril 2023 et de ceux qui la soutiennent, ce qui entre dans les catégories des crimes de guerre et du génocide, soulignant l'importance de la convergence des efforts officiels, populaires et médiatiques pour soutenir le processus de justice internationale.
Lors de son discours prononcé devant la conférence médiatique n° 62 du ministère de la Culture, de l'Information, du Tourisme et des Antiquités, organisée lundi par l'Agence Soudanaise de Presse au Centre culturel d'Omdurman, Dr Al-Zain a souligné l'importance de prendre conscience de la véritable nature de la guerre et d'en comprendre les contextes juridiques et politiques.
Il a dit que la guerre lancée par la milice n'est pas une guerre entre deux parties, mais une guerre pour la dignité nationale et une guerre d'existence visant l'État soudanais, précisant que sa qualification juridique s'inscrit dans le cadre de l'agression dirigée contre l'État, le peuple soudanais et les ressources nationales.
Il a ajouté que la guerre vise, outre les infrastructures, l'identité soudanaise et la mémoire sociale.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Dans son discours, le Dr Al-Zain a présenté une définition sur les crimes de guerre et du génocide sous la lumière des agissements de la milice et de ses partisans de certains pays voisins et des Émirats arabes unis, ainsi que les mécanismes de poursuite judiciaire internationale et le rôle des avocats et des organisations de la société civile pour soutenir les efforts de l'État visant à réaliser la justice internationale.
Il a souligné à cet égard que les agissements de la milice au Soudan constituent un exemple flagrant de crimes de guerre, caractérisés par le ciblage systématique des civils à travers le meurtre, le pillage, le viol et la destruction d'infrastructures civiles, ajoutant que ces crimes se distinguaient, sur le plan juridique, des crimes pénaux traditionnels.
Il a précisé que les crimes de génocide sont définis comme des politiques systématiques visant des groupes spécifiques sur la base de critères ethniques, soulignant que les violations commises par la milice au Darfour à l'encontre des habitants d'El-Fasher et des Masalit à El-Geneina s'inscrivent dans ce cadre.
En ce qui concerne la poursuite judiciaire internationale, il a précisé qu'il existait une distinction entre la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale, soulignant que la première est compétente pour les conflits entre États, tandis que la seconde est chargée de juger les individus responsables de crimes internationaux.
Il a révélé qu'une plainte avait été déposée devant la Cour pénale internationale en janvier 2024, en collaboration avec plusieurs juristes, contre Mohamed ben Zayed, Mohammed Kaka, Mohamed Hamdan Daglo et d'autres, dans le cadre de ce qu'il a qualifié de « poursuite stratégique » visant à utiliser les instruments juridiques internationaux pour traduire en justice les personnes impliquées.