Ile Maurice: Susan Auguste - «Un systeme d'irrigation fiable pour de meilleures récoltes»

À Camp-du-Roi, le jardin pédagogique du Gonzague Pierre Louis Special Learning Centre contribue à l'épanouissement des adolescents en situation de handicap scolarisés sur place. Leur plus grand souhait, relayé par la directrice Susan Auguste, est de disposer d'un système d'irrigation efficace pour la permaculture. Entreprises et citoyens sont appelés à se mobiliser sur Small Step Matters pour concrétiser ce projet avant le retour de l'été.

Combien de jardiniers en herbe comptez-vous à l'école spécialisée Gonzague Pierre Louis Special Learning Centre ?

Je dirais une vingtaine. Le projet de jardin pédagogique s'adresse surtout aux adolescents, de 13 ans et plus. Sur nos 50 élèves, nous accueillons une trentaine d'adolescents, mais certains, comme les élèves autistes, n'aiment pas se salir les mains. En revanche, d'autres sont vraiment enthousiasmés par le travail de la terre. Parmi eux, les jeunes avec différents types de retard intellectuel et les sourds.

Comment est né ce projet de jardin ?

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L'an dernier, l'entreprise Emtel, appuyée par la Mauritian Wildlife Foundation, nous a offert des plantes endémiques. Mais avec la sécheresse, c'était difficile de maintenir le jardin. Depuis quelques semaines, nous avons planté du maïs, des melons d'eau, des pommes d'amour, des laitues... Et aussi des arbres fruitiers, des manguiers, des grenadiers... Les enfants sont vraiment très intéressés, même s'ils sont conscients que certains arbres ne porteront leurs fruits que dans quelques années.

En piochant et en arrosant, les jeunes brûlent une partie de leur énergie débordante de bon matin, ce qui leur permet de mieux se canaliser ensuite pour les apprentissages académiques. Certaines notions abordées en classe sont d'ailleurs en lien avec le jardin, comme l'apprentissage du vocabulaire des fruits et légumes. En tout cas, la satisfaction des élèves à l'égard du jardin fait chaud au coeur. Et le travail de la terre les apaise, avec un effet positif, dans les classes, tout le reste de la journée d'école.

Que manque-t-il pour faire prospérer le jardin ?

Déjà, nous n'avons pas d'outils, alors nous les empruntons pour l'instant à l'association CareCo. Ensuite, notre plus grande préoccupation reste la météo. Avec un système d'irrigation fiable, nous serions assurés, forcément, de meilleures récoltes. Le grillage autour du jardin a également été endommagé, or c'est important pour la sécurité des enfants que l'espace soit clôturé.

D'autres frais s'ajoutent, comme le comblement du jardin avec de la terre plus riche, sur un espace cultivable relativement important de 140 m². Ceci n'est qu'une surface de départ, car l'école a d'autres espaces exploitables pour la culture à proximité. Et nous avons débuté des murs végétalisés (Folke Gunther Growing Wall).

Quels sont les débouchés professionnels de cette activité pour les élèves ?

Chaque année, certains élèves rejoignent le Centre ANFEN Frère Remy pour poursuivre un cursus plus approfondi. L'an dernier, deux élèves ont eu l'opportunité d'intégrer cette formation. Le manque de débouchés professionnels pour les élèves en situation de handicap ayant atteint l'âge de 21 ans reste une préoccupation pour notre école, comme pour les familles. Avec l'appui de l'association Care-Co, nos élèves peuvent avoir accès à un cours d'apiculture et à une aide pour établir des ruches chez eux.

Cela comprend des ruches en cadeau et un soutien sous forme de visites à domicile. Nous remercions Charles Tonqeuse, un apiculteur originaire de France, pour l'expertise qu'il partage généreusement avec les jeunes. Pour la récolte du miel, la saison n'a pas encore commencé, mais elle s'annonce prometteuse !

De la prise en charge précoce à l'inclusion scolaire : 32 ans d'engagement

«En 1986, l'île a connu une épidémie de rubéole maternelle, 15 bébés, nés cette année-là à Rodrigues, ont été affectés par une surdité, puis pris en charge au sein de notre école dès l'âge de trois ans. Quel que soit le handicap, la prise en charge dès le pré-primaire est déterminante, notamment pour les enfants avec un problème d'audition», insiste Susan Auguste. Aujourd'hui, des élèves avec divers handicaps (surdité, cécité, autisme, trisomie 21, déficit de l'attention et de la concentration...) grandissent ensemble en classe et dans le jardin.

Le jardin pédagogique du Gonzague Pierre Louis Special Learning Centre, à Rodrigues.

Fin 2025, cinq enseignantes aguerries, avec chacune 15 à 20 ans d'expérience, ont reçu leur «Certificate in Special Needs Education», après avoir repris leurs études à distance avec le Mauritius Institute of Education. Toutes aspirent aujourd'hui à décrocher leur «diploma». La relève pédagogique est donc assurée pour cette école de référence créée, il y a 32 ans, par Susan Auguste.

En plus des 50 élèves scolarisés sur le site de Camp du Roi, sept élèves intégrés au système classique d'enseignement dépendent de l'école Gonzague Pierre Louis Special Learning Centre pour leur suivi en audiologie. L'association compte le seul équipement de Rodrigues pour réaliser les audiogrammes et la seule spécialiste des tests : Susan Auguste.

 

 

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