Congo-Kinshasa: Dialogue au pays - Germain Kambinga appelle à faire attention aux solutions cosmétiques face à l'occupation rwandaise !

Réunir la classe politique congolaise, dans sa diversité, sans tenir compte des considérations idéologiques, des ambitions politiques et de la probité morale des acteurs à convier autour de la table, Germain Kambinga s'y oppose avec la dernière énergie. Dans le cadre du dialogue national annoncé en RDC, le Président du Mouvement Centriste Congolais souhaite, vivement, que la complaisance cède sa place à la rigueur et la vigilance. Au cours d'une émission réalisée à Kinshasa et diffusée en début de semaine, il a exprimé ses vives préoccupations quant à la portée de ce que les Confessions religieuses tracent comme schéma pour épargner le pays du précipice, préserver sa souveraineté et restaurer sa stabilité.

Dans son analyse, Germain Kambinga a expliqué que la véritable racine de la crise que traverse la RD Congo porte sur une dimension sécuritaire, avec l'agression persistante du Rwanda dans l'Est. De ce point de vue, il a affirmé que le véritable dialogue devrait consister essentiellement à mettre en place un front des patriotes capables de réfléchir et de proposer des mécanismes destinés à ramener la paix, garantir la cohésion sociale et cimenter l'unité des congolais. Citant Corneille Nangaa et l'ancien Président Joseph Kabila, identifiés dans plusieurs rapports internationaux comme des acteurs clés de la rébellion armée de l'AFC/M23, Germain Kambinga a affiché une ferme opposition à l'idée d'ouvrir un couloir à tous ceux-là qui, face à l'histoire, auront fait le choix dangereux de se ranger derrière le pouvoir de Kigali dans sa stratégie malveillante de déstabilisation de la partie orientale de la République démocratique du Congo pour piller, illégalement, toutes les richesses du sol congolais.

« J'assume et je prétends que le problème du Congo, c'est le Rwanda. J'assume et je prétends que nous avons un déficit de gouvernance depuis près de trente ans. Ce n'est pas parce qu'on aura le meilleur président du monde que tout de suite, nous aurions à ignorer la réalité des faits. Depuis trente ans, le Rwanda a infiltré l'intelligentsia congolaise civile et militaire. Tout ce travail organise l'incapacité de notre Etat à se remettre debout. C'est un problème de fond. (...), lorsque vous avez une élection en 2018, il y a alternance et que sept ans après, le Président de la CENI devient le leader marketing d'une rébellion avec comme mission de congoliser l'agression rwandaise et qu'il recrute d'autres cadres congolais ; lorsque vous avez des infiltrations militaires de très haut niveau ; lorsque vous avez des accusations extrêmement graves portées sur l'ancien Président de la République... Vous ne vous posez pas la question de savoir la conséquence directe sur la qualité de notre gouvernance ? Il faut aller à la généalogie des problèmes », a clarifié l'ancien Ministre de l'Industrie.

Cohérence idéologique

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Face à Elysée Odia, le Leader du Mouvement Le Centre a défendu sa posture d'homme d'Etat, estimant que ses principales préoccupations visent à promouvoir la démocratie, la République et de la justice au service du développement.

« La constance de mon point de vue se prouve par rapport à ce que je disais hier et ce que je dis aujourd'hui. Je suis un démocrate, un républicain. Je suis fondamentalement opposé à penser comme intellectuel congolais, que le petit Rwanda peut dominer le Congo... Lorsque j'ai été élu Député national, j'ai été le premier à avoir fait une interpellation au Gouvernement lors de la chute de Goma en 2012. Nous avons proposé des solutions. Lorsque j'ai été au Gouvernement de la République, je n'ai rien défendu d'autre que l'intérêt national... Mes opinions ne changent pas parce que je ne suis pas Ministre. Mes opinions ne changent pas parce que je ne suis pas dans la majorité qui gouverne. Mes opinions reposent sur des valeurs précises : la démocratie, la République, l'Etat de droit. Voilà ce que je défends depuis que je fais de la politique.

Tous derrières les Institutions de la République

Poursuivant son intervention, Germain Kambinga a formulé un appel puissant à la vigilance nationale et à l'éveil patriotique pour préserver le pays de l'asphyxie.

« Tout le monde sait très bien que les FDLR n'ont aucun impact sur la sécurité du Rwanda... C'est le prétexte malveillant du Rwanda qui profite justement du fait accompli. La raison pour laquelle les rwandais sont ici c'est pour piller les ressources, consolider l'idée d'un régime militaire chez eux, c'est pour préparer la balkanisation avec cette idée folle qu'une partie du Congo serait rwandaise. Tel qu'on présente le dialogue, j'ai beaucoup du mal à considérer cela comme une solution... Je suis pour un dialogue des patriotes : le Président de la République réunit tous ceux qui, dans le respect des acquis démocratique, accompagnent les institutions de façon désintéressée, dans une fédération des intelligences civiles. Je refuse de penser que les congolais ont décidé de considérer qu'ils ne peuvent pas battre les rwandais. Je refuse de penser que tous ces politiciens congolais patriotes sont incapables de résoudre cette équation qui est devant nous depuis trente ans », a-t-il nuancé...

Soutien total à Félix Tshisekedi

Germain Kambinga a marqué son passage par une exhortation au soutien à la vision du Président de la République, Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, pour le pousser à bâtir un pays tourné vers la paix, la stabilité et des lendemains sûrs.

« Je pense que Joseph Kabila veut reprendre le pouvoir. Il a supporté et il n'en peut plus. Il veut redevenir Président de la RDC. Il est prêt à tout... Quand vous prenez Corneille Nangaa, vous lui donnez quoi dans un dialogue ? Soit on veut remettre en cause tous les combats de vingt dernières années. (...), Félix Tshisekedi a été élu pour une mission. Je soutiens le Président Tshisekedi parce qu'il m'a convaincu en tant qu'un fils de ce pays. Jamais dans l'histoire de ce pays depuis trente ans, on a réussi à amener le problème avec le Rwanda au niveau où il est aujourd'hui. On n'est peut-être pas en train de gagner, mais on n'est pas en train de perdre. C'est le pour la première fois qu'on a vu Kagame obligé de parler tous les trois jours. C'est pour la première fois de voir des sanctions pleuvoir sur le régime rwandais », a salué, dans un langage sans ambiguïté, le Président du Mouvement Centriste Congolais, Germain Kambinga Katomba.

 

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