Au Cameroun, une campagne est en cours pour lutter contre le trafic des espèces protégées dans les aéroports à l'initiative de l'ONG WildAid. Sur les écrans numériques des aéroports de Douala et Yaoundé, les messages de sensibilisation contre le trafic des espèces protégées sont diffusés à l'attention des voyageurs. Et sur le terrain, les services des douanes, les agents du ministère des forêts et de la faune sont mobilisés pour traquer les réseaux criminels spécialisés dans le commerce illégal d'espèces protégées.
La vigilance est accrue aux aéroports de Douala et de Yaoundé contre le trafic illicite des espèces protégées. « Depuis le début de cette campagne, les consignes usuelles et habituelles que nous mettons contre ce fléau ont été renforcées, notamment le contrôle à la détention de ce type de produits où il est demandé à tout détenteur de nous fournir un permis CITES et un certificat d'origine », explique Henri Bozard Toutou, chef de bureau principal des douanes hors classe de l'aéroport international de Yaoundé Nsimalen.
Le permis CITES autorise son détenteur à importer, exporter ou réexporter les espèces protégées. La présentation de ce document ne suffira pas durant la campagne, indique Henri Bozard Toutou : « Nous allons en profondeur en essayant de vérifier l'authenticité même de ces documents au niveau de la forme et du fond. À cette occasion, nous pouvons aussi recueillir l'expertise des agents du ministère en charge de la protection de ces animaux-là. »
De nombreuses saisies
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Les voyageurs nationaux et internationaux sont ciblés par les messages diffusés sur écrans numériques au cours des cinq prochains mois. « Les douanes camerounaises effectuent régulièrement des saisies portant sur les espèces de la faune et la flore sauvages. Ces saisies concernent notamment les écailles de pangolins, les perroquets gris du Gabon, les reptiles rampants, vivants ou leurs peaux, l'ivoire d'éléphant et parfois aussi les trophées de chasse comme les dents, les sabots, les carcasses d'animaux », énumère Marie Madeleine Wang, commandant des douanes, chef de subdivision commerciale à l'aéroport international de Yaoundé Nsimalen.
Ces produits sont généralement dissimulés dans les bagages des voyageurs, mélangés à leurs effets personnels et parfois intégrés dans les colis express mais aussi déclarés sur de fausses appellations pour tromper la vigilance des services des douanes.
00:46 Derrière le trafic des espèces protégées, il y a des réseaux de blanchiment des capitaux, de corruption, de fraude et de financement d'activités criminelles, ce qui justifie ces mesures selon Jennifer Biffot, représentante Afrique Francophone de WildAid