Luanda — L'Angola s'apprête à lancer, dans une première phase, les transplantations rénales en privilégiant les donneurs vivants issus de la famille et compatibles, a annoncé mercredi à Luanda la ministre de la Santé, Sílvia Lutucuta.
La ministre s'exprimait en marge de la sixième session ordinaire du Conseil des ministres, présidée par le chef de l'État, João Lourenço, qui a examiné un projet de décret présidentiel portant création du Service de coordination et de supervision de la transplantation (SECOSTRA) et approuvant son statut organique.
Sílvia Lutucuta a indiqué que cette nouvelle structure découle de la loi n° 20/19 du 20 septembre relative à la transplantation de cellules, de tissus et d'organes humains. Elle sera chargée de coordonner, de superviser et de contrôler l'ensemble des activités de transplantation dans le pays.
Parmi les missions du SECOSTRA figurent la gestion du Registre national des donneurs et des candidats à la transplantation, la définition et l'application des critères d'attribution des organes, des tissus et des cellules, ainsi que l'autorisation, le suivi et l'évaluation périodique des établissements et des équipes de transplantation.
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L'organisme assurera également le suivi des commissions d'éthique de la santé, le contrôle des résultats cliniques et des indicateurs de performance, tout en mettant en oeuvre des mécanismes de prévention et de lutte contre le trafic d'organes et le tourisme de transplantation.
Don volontaire et encadré
La ministre a souligné que le don d'organes devra être volontaire et gratuit, tout en assurant que le dispositif sera conçu de manière à empêcher toute forme de commercialisation des organes.
Elle a précisé que nul ne pourra devenir donneur sans être inscrit au Registre national des donneurs, les citoyens ayant la possibilité de s'y enregistrer sur une base volontaire.
En cas de décès, le prélèvement d'organes sera effectué conformément aux dispositions prévues par la législation en vigueur et dans le respect des règles relatives au consentement familial.
Sílvia Lutucuta a indiqué que, dans un premier temps, les transplantations rénales concerneront principalement des donneurs familiaux biologiquement compatibles, notamment les parents et les frères et soeurs. Les donneurs potentiels feront l'objet d'une évaluation rigoureuse afin d'écarter toute pression d'ordre économique ou psychologique.
« Nous ne voulons tolérer aucune contrepartie financière dans ce processus, ni que des personnes soient incitées à faire don d'un organe », a-t-elle déclaré.
La ministre a également évoqué les transplantations de moelle osseuse, qui figurent parmi les procédures envisagées et pourront être réalisées avec des donneurs compatibles, dans le respect des critères médicaux et juridiques en vigueur.
Des centres de référence
Sílvia Lutucuta a précisé que les transplantations ne seront pas pratiquées dans l'ensemble des établissements de santé du pays, mais dans des centres nationaux de référence, qui seront, dans un premier temps, concentrés à Luanda.
Parmi les établissements déjà dotés des capacités nécessaires pour certaines formes de transplantation, elle a cité l'Institut pédiatrique d'hématologie, destiné aux greffes de moelle osseuse, ainsi que le futur Hôpital général des grands brûlés, où pourront être pratiquées, dans les cas les plus complexes, des greffes de peau.
Selon la ministre, d'autres établissements pourront progressivement être équipés pour réaliser des transplantations rénales grâce à des technologies de pointe, notamment la chirurgie robotique.
Elle a rappelé que les transplantations nécessitent une logistique particulièrement complexe, comprenant notamment des examens d'histocompatibilité, qui seront, dans un premier temps, centralisés à Luanda.
À moyen et à long terme, le gouvernement envisage la création de pôles régionaux de transplantation dans d'autres régions du pays, au fur et à mesure que les capacités techniques et les ressources humaines spécialisées seront renforcées.