Depuis le 26 juillet, le Maroc vit à l'heure de la Coupe d'Afrique des Nations féminine. Rabat et Casablanca accueillent, pour la première fois de l'histoire, seize sélections réparties en quatre groupes.
Un format élargi, une compétition qui sert aussi de tremplin vers le Mondial 2027 au Brésil, des affiches à forte charge symbolique. Sénégal-Maroc, Algérie-Kenya, Nigeria-Zambie, et pourtant : silence, ou presque, dans une bonne partie de la presse sportive africaine.
Il suffit de comparer. Quand la CAN masculine se joue, chaque match est disséqué, chaque geste technique commenté, chaque sélectionneur mis sur le gril. La CAN féminine, elle, avance presque en catimini. Peu de plateaux télé, peu de unes, peu de suivi quotidien, alors que les Lionnes de l'Atlas, portées par leur public, visent un premier titre continental à domicile, et que des joueuses comme Ghizlane Chebbak ou Banda écrivent une histoire qui mérite mieux qu'un entrefilet.
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Ce n'est pas un hasard. C'est le symptôme d'un traitement médiatique encore largement inégal du football féminin sur le continent, où l'audience, les droits de diffusion et l'attention rédactionnelle continuent d'aller, par réflexe, vers les hommes. Résultat : des exploits sportifs réels — une nation hôte qui organise le plus grand tournoi de son histoire, des joueuses qui se qualifient pour un Mondial — passent presque inaperçus.
Pourtant, l'enjeu dépasse le sport. Chaque match diffusé, chaque article publié, chaque interview accordée à une joueuse est aussi un message envoyé aux jeunes filles du continent. Leur football compte. À un mois de la finale prévue le 16 août à Rabat, il est encore temps de corriger le tir. Parler de la CAN féminine, ce n'est pas faire de la charité journalistique. C'est simplement faire son travail.