Ile Maurice: Migration - Le pays face au défi de la main-d'oeuvre de demain

Le vieillissement démographique et les difficultés de recrutement transforment progressivement le marché du travail. Alors que le pays ambitionne de soutenir sa croissance économique au cours des prochaines décennies, la disponibilité des ressources humaines est un véritable enjeu. C'est dans ce contexte que l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a célébré, le lundi 3 août à l'hôtel Voilà Bagatelle, ses 20 années de présence à Maurice, lors d'une rencontre réunissant des représentants des secteurs public et privé ainsi que de la société civile.

Cet événement marquait également le 75e anniversaire de l'organisation et les 80 ans des Nations unies.Selon Alia Hirji, cheffe de mission de l'OIM pour Maurice et les Seychelles, la collaboration engagée en 2006 a contribué à renforcer la gouvernance migratoire du pays, notamment à travers l'élaboration d'une politique nationale axée sur le lien entre migration et développement, l'amélioration de la collecte des données ainsi que la mise en place de programmes consacrés au recrutement éthique et à la gestion des frontières.

Tension démographique

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Par ailleurs, lors d'une table ronde consacrée au rôle économique de la migration, Vimal Thakoor, Chief Economist au ministère des Services financiers et de la planification économique, a présenté les perspectives liées à la Vision 2050. Il a indiqué que cette stratégie vise à faire progresser le produit intérieur brut de 15 à 50 milliards USD, tout en mettant en avant une contrainte démographique majeure : la population mauricienne devrait passer de 1,24 million à 1,08 million d'habitants d'ici 2050 sous l'effet du vieillissement.

Cette évolution aura des conséquences directes sur la main-d'oeuvre disponible. D'après les projections présentées, un recours accru aux femmes ou le maintien des seniors en emploi ne suffiraient pas à répondre aux besoins futurs. Le déficit de main-d'oeuvre pourrait ainsi atteindre entre 390 000 et 500 000 travailleurs pour permettre au pays d'atteindre ses objectifs de croissance.

Ces tensions sont déjà perceptibles sur le marché de l'emploi. Adilla Mosafeer, fondatrice et directrice générale de Talent Lab, a souligné que certaines entreprises rencontrent des difficultés à recruter malgré un faible taux de chômage, tandis qu'une partie des jeunes diplômés choisissent de poursuivre leur parcours professionnel à l'étranger. Face à cette situation, elle estime que les entreprises doivent repenser leurs stratégies de recrutement et de fidélisation des talents. «Le recours à des travailleurs internationaux figure désormais parmi les options nécessaires pour répondre aux besoins économiques, à l'image des modèles appliqués à Singapour ou à Dubaï», a-t-elle déclaré.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, a rappelé l'importance de la migration dans l'histoire du pays. Il a salué le partenariat établi avec l'OIM avant d'annoncer la signature de deux protocoles d'accord entre l'organisation, l'Association des hôteliers et restaurateurs de l'île Maurice et la Mauritius Export Association. «Ces accords visent à promouvoir un cadre de recrutement éthique et à renforcer la protection des travailleurs migrants», a-t-il conclu.

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