Ils s'appellent Mandoumbé Diop, Maguèye Diaw, et Moustapha Ndiaye à l'état civil, plus connus sous les sobriquets respectifs de Lamignou Darou, Oustaz Tiep et Ndiaye Touba, trois chroniqueurs à Feenal Digital, un média réputé proche du parti Patriote africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (PASTEF), à Dakar, mais aujourd'hui au coeur d'une autre chronique, judiciaire celle-là.
Hier, en effet, s'est ouvert au Tribunal de flagrants délits de la capitale sénégalaise, un procès pour « offense au chef de l'Etat et discours contraires aux bonnes moeurs ». A l'origine de ce jugement, une vidéo jugée offensante à l'encontre du président de la République, publiée sur le réseau social TikTok, via Feenal Digital, dans laquelle les trois hommes formulent des prières appelant le malheur (mort, paralysie, AVC), « sur celui qui a trahi le projet du PASTEF ».
Le président de la République, quand bien même il n'aurait pas été nommé, le justiciable Bassirou Diomaye Faye (BDF) doit s'être senti concerné et même visé, d'où ce procès, même si les trois accusés disent, par la voix de leur avocate, Me Aby Nar Ndiaye, qu'« ils ne parlent pas du président de la République, n'ont aucunement cité le président de la République ».
En réalité ce procès n'est qu'un nouvel épisode dans la guerre sans merci entre le premier magistrat sénégalais et le désormais président de l'Assemblée nationale, depuis son éviction au poste de premier ministre le 22 mai 2026. Les deux qui s'entendaient comme larrons en foire étant de l'opposition, au point que BDF a fini par être le candidat par substitution du PASTEF quand le titulaire était empêché, sont devenus chien et chat à l'exercice du pouvoir.
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Le divorce a d'ailleurs été officiellement acté avec la création le 25 juillet 2026 du parti présidentiel, le Kiiraay, les patriotes républicains. Les deux camps se livrent donc coup pour coup, et les trois appelés à la barre ne seraient en fait que les portes flingues d'Ousmane Sonko.
On a beau voir des relents politiques derrière cette affaire, on ne saurait cautionner pour autant les outrages à chef d'Etat. Cela dit, c'est dans une certaine mesure le retour de bâton. Comme on dit souvent, le bourreau a toujours peur du gourdin, mais quand bien même BDF a pu être offensé dans ce cas d'espèce, on n'oublie pas que du temps où il était dans l'opposition avec son alter ego Ousmane Sonko, ils ont usé de l'offense contre le président d'alors, Macky Sall, et de la diffamation comme arme politique à l'encontre d'autres autorités. Aujourd'hui donc qu'ils sont de l'autre côté de la table, voici que c'est à leur tour de subir toutes sortes de récriminations, voire, d'injures et d'outrages.
A l'issue du procès, Lamignou Darou a été condamné à trois mois de prison ferme, Oustaz Tiep et Ndiaye Touba à deux mois de prison ferme, et chacun des trois hommes doivent payer une amende de 500 000 F CFA.
Quoiqu'il en soit, cela ne va pas pacifier les relations entre les chefs de l'Exécutif et du Législatif qui se livrent une guerre sans merci, dont on ignore encore les conséquences et comment elle va se terminer.