Burkina Faso: Le respect des aspirations du peuple

La coopération entre le Burkina Faso et le Système des Nations unies entre dans une nouvelle phase. La fin de mission du Représentant résident par intérim, Maurice Azonnankpo, reçu en audience par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le mardi 4 août 2026, a été l'occasion de saluer les acquis, mais aussi de rappeler les exigences qui doivent désormais guider ce partenariat. Loin d'être un rituel diplomatique, cette rencontre traduit une volonté de donner un nouveau souffle à une coopération appelée à s'adapter aux réalités et aux priorités du Burkina Faso.

Le message du gouvernement burkinabè est sans ambiguïté : Ouagadougou reste ouvert au dialogue et à la coopération internationale, mais entend que celle-ci s'inscrive dans le respect de ses choix souverains. Cette posture, il faut la clarifier, ne signifie nullement un rejet du Système des Nations unies. Elle traduit plutôt la volonté d'établir une relation fondée sur le respect mutuel, la transparence et la prise en compte des priorités nationales.

Dans un pays confronté à d'importants défis sécuritaires, humanitaires, économiques et sociaux, les besoins sont considérables. Les interventions des agences onusiennes dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la protection sociale, de l'assistance humanitaire ou encore du développement peuvent contribuer à renforcer les capacités nationales et à améliorer la résilience des populations.

Mais pour être pleinement efficaces, ces interventions doivent répondre aux besoins réellement identifiés sur le terrain et s'inscrire dans les orientations définies par les décideurs du pays des Hommes intègres. C'est tout le sens du rappel du Premier ministre selon lequel, la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP) « n'est contre personne ». Cette affirmation mérite d'être comprise comme une main tendue plutôt que comme une fermeture.

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Le Burkina Faso ne demande pas moins de coopération. Il souhaite une coopération plus équilibrée, plus respectueuse de ses choix et davantage orientée vers les résultats. La déclaration du chef du gouvernement burkinabè sur le refus de voir l'ONU devenir un « cheval de Troie à l'impérialisme contre notre peuple » fixe, à cet égard, une ligne rouge. L'organisation internationale doit demeurer fidèle à sa vocation première. Celle d'être un espace de dialogue entre les peuples et un instrument au service de la paix, du développement et de la solidarité internationale.

Elle ne saurait être perçue comme un relais d'intérêts extérieurs contraires aux aspirations des populations. De son côté, Maurice Azonnankpo a mis en avant la qualité du dialogue entretenu avec les autorités burkinabè. Transparence, écoute, dialogue permanent et convivialité. Ces acquis constituent une base appréciable pour la poursuite du partenariat.

La finalisation du nouveau cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable offre également une opportunité de traduire cette dynamique en actions concrètes. L'arrivée de Njoya Tikum comme nouveau coordonnateur résident du Système des Nations unies et coordonnateur humanitaire intervient donc dans un contexte particulier.

Après la présentation de ses lettres de créance, le 31 juillet dernier, il lui appartiendra de poursuivre le dialogue engagé, de renforcer la confiance et surtout de contribuer à une coopération davantage en phase avec les priorités nationales. Le véritable indicateur de réussite de ce partenariat ne sera toutefois pas le nombre de réunions tenues ni celui des déclarations de bonnes intentions.

Il se mesurera aux résultats obtenus sur le terrain en terme de populations mieux protégées, de communautés plus résilientes, de services sociaux renforcés et de perspectives nouvelles pour la jeunesse. Entre Ouagadougou et le Système des Nations unies, le défi est donc de passer d'une coopération de principe à une coopération de résultats. Une coopération qui ne soit dirigée contre personne, mais qui profite d'abord aux populations. Car, au-delà des considérations diplomatiques, c'est bien à cette aune que les Burkinabè jugeront la solidité et la pertinence de ce partenariat renouvelé.

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