Malanje — La CIVICOP a réitéré aujourd'hui, mercredi, à Malanje, son appel aux familles des victimes du 27 mai et d'autres conflits survenus en Angola entre 1975 et 2002, afin qu'elles effectuent des tests ADN au Laboratoire de criminalistique de Luanda.
Cet appel a été renouvelé par Silva Mateus, membre de la Commission pour la mise en oeuvre du plan de réconciliation à la mémoire des victimes des conflits politiques en Angola (CIVICOP), à l'issue d'une audience avec le gouverneur de la province de Malanje, Marcos Nhunga. Cette rencontre visait à faire le point sur les activités menées par la délégation durant quatre jours dans les municipalités de Quirima, Cangandala, Kiwaba Nzoji et Quela.
Selon lui, cette procédure est essentielle pour l'identification des restes mortels et pour garantir une sépulture digne aux victimes, dans le cadre du processus de réconciliation nationale « Embrasser et Pardonner ».
Il a précisé que les travaux de la CIVICOP à Malanje ont permis des avancées significatives dans la localisation des familles de quatre anciens commissaires municipaux de Quirima, Quela, Kiwaba Nzoji et Cangandala, disparus lors des événements tragiques du 27 mai 1977.
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Il a indiqué que les familles de ces anciens commissaires se sont montrées tout à fait disposées à fournir des échantillons génétiques (ADN), une étape indispensable à l'identification scientifique des restes mortels.
Silva Mateus, qui préside également la Fondation 27 Mai, a souligné l'ouverture dont ont fait preuve les autorités administratives et traditionnelles, ainsi que le fort esprit de collaboration des familles concernant la localisation de nouveaux sites présumés de fosses communes dans les municipalités de Cangandala et de Quirima.
Par ailleurs, il a souligné que de nouvelles informations avaient été recueillies concernant des enseignants, des infirmiers et d'autres fonctionnaires disparus dans la province pendant le conflit.
Selon le responsable, les données relatives à ces victimes ne figurant pas dans les registres initiaux de la CIVICOP, ces nouvelles informations permettront d'élargir le processus de localisation de leurs familles.
Concernant les 43 victimes localisées dans la municipalité de Quirima, il a expliqué que la phase suivante prévoyait l'envoi d'une équipe spécialisée pour procéder à l'exhumation des restes et à leur identification par tests ADN.
Silva Mateus a également assuré qu'une fois l'identité des victimes confirmée, des funérailles dignes seraient organisées, permettant aux familles de rendre un dernier hommage à leurs proches.
De son côté, le gouverneur de la province, Marcos Nhunga, a réaffirmé l'engagement du gouvernement local à soutenir les actions de la commission.
À cette fin, le responsable a assuré la mobilisation des administrations municipales, des autorités traditionnelles et des communautés afin qu'elles participent activement à la localisation et à l'identification des victimes des conflits politiques.
Marcos Nhunga a souligné que le travail accompli à Malanje permettra de rendre hommage aux victimes, de garantir la délivrance d'actes de décès aux familles et de créer les conditions nécessaires pour qu'elles disposent d'un lieu de commémoration approprié, dans le respect des valeurs culturelles de la société angolaise.
Depuis le début du processus en 2019, la CIVICOP a déjà remis environ 2 700 actes de décès et détient plus de 700 profils génétiques issus d'exhumations, en attente des échantillons biologiques des familles concernées.
La Commission pour la mise en oeuvre du plan de réconciliation à la mémoire des victimes des conflits politiques en Angola (CIVICOP) a été créée en 2019 par le Président João Lourenço.