Le 20 juillet dernier, le fondateur présumé de la DZ Mafia, Mehdi Laribi a été interpellé en Algérie. Il a été placé sous contrôle judiciaire. L'Algérie a exécuté un mandat d'arrêt émis par la France à la fin du mois de juillet, dans le cadre de l'opération « Octopus » qui traque les plus gros trafiquants de dogue opérant en France depuis l'étranger. Cette arrestation est le premier résultat visible de la reprise de la coopération sécuritaire entre la France et l'Algérie, après plusieurs années de crise diplomatique.
L'enquête était déjà au coeur des échanges entre la France et l'Algérie en juin dernier, lors de la visite du ministre de l'Intérieur français, Laurent Nuñez à Alger. La procureure du nouveau parquet national anticriminalité organisée, était venue pour parler précisément du cas de Mehdi Laribi, fondateur présumé de la DZ Mafia et réfugié en Algérie. Les contacts judiciaires avec les autorités algériennes avaient alors repris sur ce dossier très sensible.
Si la lutte contre le narcotrafic est prioritaire pour la France, il l'est aussi pour les autorités algériennes, qui font face à l'explosion de la consommation de drogue dans le pays. Pour Kader Abderrahim, chercheur à l'IRIS et maître de conférence à Sciences po, l'Algérie cherche aussi à protéger son image auprès de ses partenaires internationaux, au-delà de la France.
« Il n'est pas question que l'Algérie devienne la base arrière des narcotrafiquants en cavale. Comme ça, le message est clair, y compris et peut-être même surtout lorsqu'il s'agit de franco-algériens ou d'algériens qui bénéficieraient d'un autre passeport. Peu importe, il ne faut pas croire qu'ils sont en sécurité », explique le chercheur.
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Coopération
Prochaine étape : la constitution du dossier criminel de Mehdi Laribi. Tout comme la France, l'Algérie n'extrade pas ses nationaux. Mehdi Laribi est franco-algérien, il est donc inextradable. La France doit maintenant transmettre ses éléments d'enquête pour constituer son dossier criminel et permettre la mise en oeuvre de poursuites par la justice algérienne.
Pour ce qui est des suites de la coopération policière et judiciaire entre les deux pays, la création d'un poste d'attaché de la sécurité intérieure français à Alger est en négociation. La France attend le feu vert des autorités algériennes pour son accréditation. Il sera en charge de la coopération entre les polices et gendarmeries algérienne et française au quotidien, notamment sur les affaires de narcotrafic.