Au Mali, les avocats de l'ancienne ministre de l'Économie et des Finances, Bouaré Fily Sissoko, ont décidé de saisir, mercredi 5 août, la Cour africaine des droits de l'homme pour « blanchir » leur cliente. La veille, lors d'une audience à Bamako, la Cour suprême du Mali, a rejeté le pourvoi en cassation qu'ils ont introduit pour contester la peine de dix ans de prison infligée à Bouaré Fily Sissoko dans l'affaire de l'achat de l'avion présidentiel en 2014, à l'époque du président Ibrahim Boubacar Keïta.
Après la décision de la plus haute juridiction malienne, l'ancienne ministre de l'Économie et des Finances, Bouaré Fily Sissoko, reste en prison. Sa peine de 10 ans de prison est confirmée pour « faux en écriture, usage de faux et atteinte aux biens publics ».
Ses avocats, persuadés de l'innocence de leur cliente, se disent surpris de la rapidité du délibéré prononcé par la Cour Suprême, moins de dix minutes après les débats. Ils dénoncent « l'absence de procès équitable » et vont saisir la Cour africaine des droits de l'homme.
Pour l'un des avocats de la défense, le juge - qui a condamné en 2024 l'ancienne ministre malienne des Finances - est devenu entre-temps le président de la Cour suprême par intérim. C'est lui qui a présidé la Cour qui a rejeté le pourvoi en cassation.
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Un dossier très présent dans les esprits
Au Mali, le dossier de l'avion présidentiel est toujours présent dans les esprits. Il aurait coûté près de quarante millions de dollars. Pointant des irrégularités, des malversations dans la procédure d'acquisition de l'appareil, le Fonds monétaire international avait pris en 2014 des sanctions concernant notamment le gel pendant six mois de ses décaissements au Mali.
Cette situation avait ébranlé un moment le régime de l'ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Plusieurs autres personnes ont été également poursuivies dans le cadre de la même affaire.
