Ethiopie: Addis-Abeba - L'église d'Afrique lance officiellement son 'cheminement' vers la grande Assemblée de 2028

La capitale éthiopienne a été, du 3 au 5 août 2026, le centre névralgique de la réflexion catholique sur le continent. Sous l'égide du SCEAM, les délégués ont posé les jalons de ce qui sera l'un des événements majeurs de la décennie pour les fidèles africains : l'Assemblée ecclésiale de 2028.

C'est une étape historique qui vient de s'achever à Addis-Abeba. Durant trois jours intenses, soit du 3 au 5 août 2026, le premier séminaire préparatoire à l'Assemblée ecclésiale de 2028 a réuni des théologiens, des évêques, des religieux et des laïcs venus des quatre coins du continent et de Madagascar.

Organisé par le Symposium des Conférences Episcopales d'Afrique et de Madagascar (SECAM-SCEAM), ce séminaire n'est pas une simple réunion administrative, mais le coup d'envoi d'un processus de transformation profonde de l'Église en Afrique.

Un thème au coeur de l'actualité : la synodalité

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Le thème retenu pour ce parcours de deux ans est explicite : "L'Église synodale en Afrique : cheminement vers l'Assemblée ecclésiale de 2028".

Ce choix s'inscrit dans la droite ligne du pontificat du Pape François, qui appelle à une Eglise plus participative, où chaque baptisé -- et pas seulement la hiérarchie -- a son mot à dire. A Addis-Abeba, les participants ont évalué l'expérience synodale vécue entre 2021 et 2024 d'abord, puis discerné les priorités pastorales et enfin renforcé la contribution de l'Afrique à une Eglise universelle plus synodale et missionnaire avant d'insister sur la nécessité pour l'Eglise d'Afrique de « marcher ensemble » pour répondre aux défis spécifiques du continent : la paix, la justice sociale, la place des jeunes et des femmes, et l'enracinement de l'Evangile dans les cultures locales.

Pourquoi 2028 ?

Si l'échéance peut paraître lointaine, le SCEAM souligne que l'ampleur des défis nécessite une préparation minutieuse. L'objectif de 2028 est de produire une vision pastorale commune pour les prochaines décennies.

«Nous ne voulons pas d'un événement qui passe, mais d'un processus qui transforme», a souligné le Cardinal congolais Fridolin Ambongo, président du SCEAM, lors des sessions de clôture ce mercredi 5 août. Ce premier séminaire visait donc à définir la méthodologie de travail qui sera appliquée dans chaque diocèse d'Afrique durant les deux prochaines années.

Les enjeux du séminaire d'Addis-Abeba

Trois axes majeurs ont dominé les discussions dans la capitale éthiopienne :

  1. L'écoute des périphéries : comment faire en sorte que la voix des communautés les plus isolées et des plus démunis remonte jusqu'à l'Assemblée de 2028 ?
  2. L'autonomie financière et spirituelle : l'Église d'Afrique cherche à consolider ses propres ressources pour soutenir sa mission évangélisatrice.
  3. Le dialogue interreligieux et la paix : dans un contexte continental marqué par diverses crises, l'Église veut réaffirmer son rôle de médiatrice et de promotrice de la réconciliation.

Une dynamique continentale

Ce séminaire marque le début d'une série de consultations régulières. Les conclusions tirées à Addis-Abeba seront désormais transmises, à travers un document continental, aux différentes Conférences épiscopales nationales.

Alors que les délégués s'apprêtent à quitter l'Éthiopie dans la soirée, le message est clair : l'Église d'Afrique est en marche. Le rendez-vous de 2028 est désormais l'horizon vers lequel convergent toutes les énergies pastorales du continent, avec l'ambition de faire de l'Afrique non seulement le « poumon spirituel » de l'humanité, mais aussi un modèle de synodalité vécue.

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