L'initiative de l'organisation d'un dialogue national inclusif entre les parties prenantes congolaises continue à susciter des réactions diverses dans la classe politique et sociale de la République Démocratique du Congo. Élu de la ville de Bunia, dans la province de l'Ituri, l'honorable Gratien de Saint-Nicolas Iracan s'est prononcé sur cette question, à travers un post sur sa page Facebook, que nous avons pu consulter.
Pour lui, il est nullement question de soutenir un dialogue qui aura pour finalité le partage des postes entre les parties prenantes ou qui servirait de blanchisserie pour ceux qui ont du sang dans leurs mains.
« Je ne soutiens, depuis toutes ces années, aucun dialogue qui aboutit au partage du pouvoir ou à une transition. J'ai toujours affirmé que le dialogue ne doit pas être le tombeau de résurrection des politiciens à perte de vitesse, désavoués par le peuple, ni des criminels qui cherchent à revenir sur la scène politique. Avant toute initiative, une question fondamentale mérite une réponse : où est le cahier des charges du dialogue ? Quels sont ses objectifs, ses limites et les résultats attendus ? », s'est-il interrogé, tout en indiquant que la crise multiforme dont fait face la RDC ne peut être résolue qu'en prenant en charge, d'abord sa dimension externe et ensuite sa dimension interne.
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« La crise actuelle de la RDC comporte deux dimensions. La première est extérieure : l'agression contre notre pays. L'intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC ne sont pas négociables. Il faut un mécanisme concret associant toutes les parties, y compris la communauté internationale, pour obtenir un cessez-le-feu effectif et neutraliser toutes les forces armées non gouvernementales sur l'ensemble du territoire national.
La seconde est interne : la crise de gouvernance et de légitimité des institutions. Elle est aggravée par des initiatives inopportunes, notamment le projet de révision ou changement de la Constitution, qui détourne le pays des véritables priorités et accentue les tensions politiques. La seule alternative crédible est un processus politique inclusif, dans le strict respect de la Constitution, permettant de dégager un consensus sur des institutions électorales crédibles et d'organiser des élections libres, transparentes et incontestables », a-t-il suggéré, tout en mettant en garde contre l'aggravation de la crise en RDC, au regard des tiraillements actuels entre acteurs politiques, qui se livrent une bataille de positionnement, pour accéder à la mangeoire publique, à la faveur de ce dialogue en gestation.
« Sans cette clarification, nous irons de crise en crise. D'ailleurs, certains opposants se livrent déjà à des batailles de positionnement : les uns calculent la Primature, les autres les postes ministériels qu'ils pourraient occuper, alors que personne ne connaît encore le véritable contenu du dialogue. Le seul dialogue que je peux soutenir est celui qui vise l'apaisement du pays, le règlement de l'agression extérieure, l'abandon de toute initiative inopportune de révision ou changement de la Constitution, la consolidation de nos institutions électorales et le retour à la souveraineté populaire par des élections crédibles. Je ne soutiendrai jamais un dialogue destiné au partage du pouvoir ou à la légitimation des groupes armés », a tranché, Gratien de Saint-Nicolas Iracan, Député national de l'Opposition, Initiateur de la réforme de la nouvelle classe politique.