Allied Gold Côte d'Ivoire (exploitant des sites de Bonikro, Hiré et Agbaou) et le Centre national de floristique (Cnf), rattaché à l'Université Félix Houphouët-Boigny, ont officiellement scellé, le 5 août 2026, une convention de partenariat.
Ce projet scientifique vise à développer une méthode innovante permettant de produire localement, par voie végétale, un substrat fertile à partir des sols stériles générés par l'activité minière. Réduisant ainsi la dépendance du groupe minier aux apports extérieurs de terre arable pour la réhabilitation progressive des sols.
En effet, l'exploitation minière génère d'importants volumes de stériles rocheux, dont la réhabilitation progressive constitue un engagement environnemental et réglementaire de premier plan pour les mines d'or de Bonikro, Hiré et Agbaou.
La méthode classique de réhabilitation repose sur un apport de terre arable ou de substrat végétal extérieur, une ressource peu disponible et coûteuse à mobiliser localement. C'est cette dimension d'innovation scientifique, portée conjointement par la compagnie et le Cnf, qui constitue le coeur du projet.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Selon Jean-Claude Diplo, président-directeur général des mines d'Agbaou et de Bonikro, ce partenariat repose sur l'idée que les entreprises minières peuvent être des alliées majeures de l'environnement en conciliant obligation légale, responsabilité morale et innovation scientifique.
« Les mines sont les meilleures alliées de l'environnement. C'est ce que nous essayons de démontrer. Nous avons lancé, avec la Fondation Yes, une initiative de reboisement. Nous avons également lancé le projet Ville verte à Hiré et nous accompagnons la Sodefor dans les régions où nous sommes actifs. L'ensemble de ces initiatives se prolonge avec ce partenariat signé avec le Cnf pour répondre à un autre enjeu majeur, celui de la réhabilitation des verses à stériles issues des activités minières. Nous perturbons la nature et les sols, et nous avons l'obligation morale de les réhabiliter », a déclaré Jean-Claude Diplo, président-directeur général d'Allied Gold Côte d'Ivoire.
De son côté, le professeur Aké Assi Emma Kouassi, représentant la directrice du Cnf, a indiqué que ce projet a pour objectif d'impliquer le Centre national de floristique dans les processus de restauration écologique des sites dégradés et de valorisation de son savoir-faire. « La convention de partenariat que nous signons ce jour, nous offre une nouvelle opportunité de tester, sur les sols stériles du site, des espèces végétales adaptées aux conditions minières, sélectionnées pour leur capacité à enrichir progressivement les sols et à favoriser la formation d'un substrat fertile », a-t-elle souligné.
Elle a également indiqué que les sols stériles des sites miniers feront l'objet d'un diagnostic afin d'évaluer leurs caractéristiques physico-chimiques et d'identifier les contraintes à leur régénération naturelle. « Ce partenariat nous permettra également de renforcer la recherche appliquée, à travers la formation des étudiants et le transfert des connaissances, au service d'une réhabilitation minière durable. Enfin, ce projet contribuera, à n'en point douter, non seulement à améliorer les performances de réhabilitation progressive des sites miniers de Bonikro, Hiré et Agbaou, mais aussi à renforcer la collaboration entre le secteur industriel et le monde académique », a-t-elle ajouté.
Soutenue et encadrée par le ministère des Mines, du Pétrole et de l'énergie, cette démarche vise à faire école.
Selon Bakary Ouattara, directeur du Suivi et de la Réglementation des mines et de la géologie, les résultats issus de ce programme de recherche public-privé n'ont pas vocation à rester confidentiels. L'objectif affiché est d'enrichir les pratiques du secteur et de contribuer à la réhabilitation durable des sites miniers.