Sans surprise, l'ancien chef de l'État Patrice Talon est de retour au coeur du microcosme politique béninois, moins de trois mois après son départ du pouvoir. Puisqu'il a été désigné comme président du Sénat de cette deuxième chambre du Parlement, pour un mandat de cinq ans, lorsque l'institution a élu son bureau, ce jeudi 6 août 2026 à Porto-Novo.
Patrice Talon n'est pas le seul poids lourd de ses dix ans de pouvoirs qui effectue un come-back aussi fracassant. Louis Vlavonou, ancien président de l'Assemblée nationale, a été élu vice-président de la chambre. Avec lui, l'ancien ministre de l'Intérieur, Alassane Séïdou, devient lui rapporteur, avec pour suppléante l'ancienne ministre du Travail Adidjath Mathys.
Le choix de Patrice Talon ne surprend pas grand monde à Cotonou. D'autant que c'est une intention que beaucoup lui prêtaient déjà lorsqu'il avait révisé la Constitution l'année dernière, selon Rfi.
Du côté du pouvoir, cette élection est présentée comme un signal d'apaisement institutionnel. Patrice Talon a lui-même promis de faire du Sénat un cadre de consensus, affirmant vouloir oeuvrer au renforcement de l'unité nationale, de la paix et de la démocratie. Le score obtenu lors du vote, 24 voix sur 25 votants, est également mis en avant par ses soutiens comme la preuve d'une volonté d'unanimité autour de la nouvelle institution.
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Mais dans l'opposition, le retour de l'ancien chef de l'État nourrit toujours la méfiance. Ses adversaires voient dans le Sénat une institution taillée sur mesure pour permettre à Patrice Talon de conserver une place centrale dans le jeu politique après son départ de la présidence. L'ancien président Boni Yayi, figure du parti Les Démocrates et membre de droit de la chambre haute, n'a pas disputé la présidence du Sénat, faute de soutien réel parmi des sénateurs qui ne sont pas élus mais désignés.
Au-delà des institutions, Patrice Talon conserve surtout un levier majeur : son poids économique. Ancien « roi du coton », présent dans des secteurs stratégiques comme les intrants agricoles, la logistique et les services portuaires, il garde une capacité d'influence sur les réseaux d'affaires qui irriguent le pouvoir. Dans un microcosme politique étroit, cette mainmise économique renforce sa centralité bien après son départ de la Marina.
