Tunisie: IA - Les pays en développement pourraient gagner un siècle en dix ans

7 Août 2026

L'intelligence artificielle pourrait permettre aux pays en développement de progresser en dix ans autant qu'en un siècle, à condition de combler rapidement leurs lacunes en électricité, connectivité, compétences et institutions.

C'est le constat du Rapport sur le développement dans le monde 2026, intitulé « La promesse de l'intelligence artificielle », publié le 4 août 2026 par le Groupe de la Banque mondiale à Washington. Selon ce document, présenté comme la première évaluation exhaustive des enjeux de l'IA pour les pays en développement, les emplois des pays à revenu élevé sont plus de trois fois plus exposés au risque d'automatisation par l'IA générative que ceux des pays à revenu faible et intermédiaire : 14,2 % contre 4,5 %. À l'inverse, 16,2 % des emplois des économies en développement pourraient bénéficier de gains de productivité significatifs grâce à l'IA, un taux proche des 18,7 % attendus dans les pays riches. Pour la Banque mondiale, le potentiel de l'IA dans ces pays réside donc moins dans le remplacement des travailleurs que dans l'augmentation de leurs capacités.

"L'IA offre aux économies en développement un levier d'action vital qu'elles doivent saisir", souligne Indermit Gill, premier vice-président et économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale, précisant que des outils d'IA petits et peu coûteux, adaptés aux réalités locales, peuvent déjà améliorer l'accès aux soins, à l'agriculture, à l'éducation et à la justice.

Le rapport intervient alors que les économies en développement traversent leur plus faible croissance moyenne depuis trente ans. L'IA pourrait améliorer sensiblement ces performances d'ici la fin des années 2020, mais ce scénario n'est pas garanti : les systèmes les plus avancés restent concentrés entre quelques pays et entreprises, et de nombreuses économies manquent encore d'électricité, d'accès à internet, de données, de compétences et d'institutions adaptées. Sans mesures volontaires, prévient le rapport, l'IA pourrait au contraire creuser les écarts entre nations, accentuer les inégalités internes et fragiliser la confiance dans les institutions publiques.

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La Banque mondiale recommande une approche en trois étapes : adopter les outils existants, les adapter au contexte local, puis développer progressivement une IA de pointe. « La marge de manoeuvre pour faire les bons choix est étroite », avertit Gaurav Nayyar, directeur du rapport, qui appelle à investir dès maintenant dans l'électricité, la connectivité, les compétences et les institutions.

Le rapport souligne l'ampleur du retard infrastructurel en Afrique subsaharienne, où près d'un tiers des écoles rurales restent privées d'une alimentation électrique stable et plus des deux tiers ne disposent pas d'internet fiable. L'initiative Mission 300, menée avec des partenaires, vise à électrifier 300 millions de personnes dans la région d'ici 2030.

Le document insiste également sur l'accès aux capacités de calcul, la disponibilité de données locales, y compris linguistiques, et le soutien aux jeunes entreprises pour tester et déployer leurs solutions. Enfin, la confiance du public devra s'appuyer d'abord sur des normes sectorielles volontaires et une coopération internationale, avant le recours aux lois existantes si ces mesures s'avèrent insuffisantes.

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