Face aux événements dramatiques survenus récemment au préside occupé de Sebta, où de nombreux jeunes Marocains ont tenté de franchir la frontière au péril de leur vie, l'USFP a choisi de développer une approche articulée autour de deux axes complémentaires : un traitement politique axé sur les causes profondes du phénomène migratoire et une mobilisation diplomatique au sein des organisations socialistes internationales afin de promouvoir une lecture équilibrée de cette crise.
Le Premier secrétaire de l'USFP, Driss Lachguar, a placé la dimension humaine du drame au centre de son intervention lors du Conseil régional du parti, tenu le week-end dernier à Oujda dans le cadre des préparatifs pour les prochaines échéances électorales. Au nom de l'ensemble du parti, il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa solidarité envers les femmes, les hommes et les enfants dont les images ont profondément marqué l'opinion publique. Pour Driss Lachguar, toute tentative de migration irrégulière traduit avant tout une souffrance réelle vécue par ceux qui empruntent cette voie périlleuse.
Le dirigeant ittihadi a critiqué l'attitude du gouvernement face à cette crise, estimant que l'exécutif avait laissé les institutions sécuritaires faire face seules à une situation d'une grande gravité. Il a considéré que ce silence révèle les limites de l'action gouvernementale, alors même que l'édification d'un véritable Etat social figurait parmi les engagements affichés.
Dans son analyse, Driss Lachguar a expliqué avoir lui-même tenté d'obtenir des explications auprès des responsables concernés, avant de constater que les informations étaient davantage relayées par les médias étrangers. Il a relevé que cette crise a rapidement pris une dimension politique en Europe, alimentant certains débats électoraux.
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Le Premier secrétaire de l'USFP a mis en garde contre les discours qui tendent à criminaliser les migrants ou à remettre en cause leur contribution au développement économique et social des pays d'accueil. Il a averti que la prolifération de telles rhétoriques pourrait avoir des répercussions sur les millions de Marocains résidant à l'étranger.
Refusant d'alimenter les polémiques, Driss Lachguar a insisté sur la nécessité d'aborder ce drame avec responsabilité. Il a affirmé qu'il serait facile de publier des communiqués fondés sur des invectives, mais qu'une telle attitude serait inadaptée lorsqu'il s'agit de jeunes Marocains ayant perdu la vie ou risqué leur existence. Il a également mis en garde contre les théories du complot et les interprétations susceptibles d'entraîner le Maroc dans des controverses préjudiciables.
Pour le dirigeant socialiste, la réponse passe avant tout par une réflexion sur les véritables facteurs qui poussent les jeunes à quitter leur pays. Au-delà des aspects économiques, il a évoqué les atteintes à la dignité, les difficultés rencontrées dans les démarches administratives ou certaines pratiques arbitraires pouvant nourrir un sentiment de perte de confiance. Selon lui, cette question de la dignité constitue un élément essentiel pour comprendre les motivations de nombreux candidats à la migration.
Une mobilisation diplomatique ittihadie au sein de l'IS
Parallèlement à cette prise de position politique, l'USFP a engagé, dans les quarante-huit heures ayant suivi les événements de Sebta, une série de démarches auprès des organisations socialistes internationales.
Cette mobilisation visait à promouvoir une lecture du dossier migratoire qui ne soit pas exclusivement sécuritaire, mais qui tienne compte de ses dimensions humaines, politiques et développementales.
A l'issue de ces échanges, l'Internationale socialiste (IS) a publié un communiqué rappelant que la migration constitue un phénomène mondial complexe nécessitant une coopération internationale fondée sur le respect des droits humains, la lutte contre les réseaux de traite des êtres humains, la réponse aux campagnes de désinformation et le renforcement de la coopération entre les Etats. Le texte présente la migration comme une responsabilité partagée qui ne peut être assumée par un seul acteur.
Le communiqué replace également les événements de Sebta dans ce contexte mondial plus large, privilégiant une approche axée sur les enjeux humanitaires et politiques.
La Chabiba Ittihadia s'est également investie dans cette démarche à travers son action au sein de l'Union Internationale des Jeunesses Socialistes (IUSY), où elle occupe la vice-présidence.
Des échanges ont été menés avec les membres de la présidence de l'organisation afin d'examiner la complexité du dossier migratoire ainsi que la question de Sebta occupée. Ces discussions ont permis de rappeler que la migration ne peut être réduite à une simple problématique sécuritaire ou frontalière, mais qu'elle résulte de facteurs multiples, notamment les conflits, les déséquilibres économiques, les réseaux de traite des êtres humains et les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux.
Selon cette approche, seule une réponse collective fondée sur la solidarité internationale et le partage des responsabilités est en mesure d'apporter des solutions durables.
Ces initiatives menées par l'USFP sont en parfaite harmonie avec les positions exprimées par son Premier secrétaire. Driss Lachguar a notamment affirmé que la souffrance des victimes ne devait en aucun cas devenir un instrument de confrontation politique, estimant que le traitement de la migration irrégulière exige davantage de responsabilité, de coopération et de recherche de solutions que d'échanges d'accusations.
A travers ses prises de position nationales et internationales, l'USFP défend ainsi une approche qui privilégie la protection de la dignité humaine, l'analyse des causes profondes des migrations et le renforcement de la coopération internationale, tout en réaffirmant son attachement aux intérêts supérieurs du Maroc et son refus de toute instrumentalisation politique de ce drame humain.