La réussite de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) dépendra autant des réformes nationales que des accords signés entre les Etats. C'est dans cette perspective que la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (Cea), à travers son Centre africain pour les politiques commerciales (Atpc), a organisé un atelier de renforcement des capacités destiné aux membres de la Commission permanente de la communication, du commerce et de l'investissement de l'Assemblée législative de l'Afrique de l'Est (Eala).
Organisée du 28 au 31 juillet à Nairobi (Kenya), cette rencontre visait à doter les parlementaires d'une meilleure compréhension de l'Accord sur la Zlecaf, de ses protocoles, de son architecture institutionnelle et de ses instruments opérationnels afin de faciliter sa mise en oeuvre dans les pays de la Communauté d'Afrique de l'Est (Eac).
Faire des lois un levier de l'intégration continentale
Pour la Cea, la pleine réussite de la Zlecaf ne repose pas uniquement sur les engagements pris au niveau continental. Elle exige leur traduction dans les législations nationales, les politiques publiques, les réglementations et les pratiques administratives.
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Cette appropriation est jugée essentielle pour permettre aux entreprises, aux agriculteurs, aux commerçants transfrontaliers et aux petites et moyennes entreprises de bénéficier concrètement des opportunités offertes par le plus vaste marché unique du continent.
« La domestication et la mise en oeuvre effective de l'Accord sont essentielles pour garantir que la Zlecaf produise des bénéfices tangibles pour les citoyens africains, notamment les petits exploitants agricoles à la recherche de nouveaux débouchés et les femmes commerçantes engagées dans le commerce transfrontalier », a souligné le Dr Richard Amenyah, coordonnateur résident par intérim des Nations unies au Kenya.
Les communautés économiques régionales au coeur du dispositif
L'atelier met également l'accent sur l'articulation entre la Zlecaf et les communautés économiques régionales (Cer), considérées comme les principaux piliers de l'intégration économique africaine.
La Communauté d'Afrique de l'Est figure parmi les organisations régionales les plus avancées du continent, avec une union douanière et un marché commun déjà opérationnels. Ses huit Etats partenaires (le Burundi, la République démocratique du Congo, le Kenya, le Rwanda, la Somalie, le Soudan du Sud, la Tanzanie et l'Ouganda) ont tous signé l'Accord sur la Zlecaf, tandis que tous, à l'exception du Soudan du Sud, l'ont déjà ratifié.
Cette avancée constitue un atout pour accélérer l'intégration commerciale régionale et faciliter la convergence entre les politiques communautaires et les ambitions de la Zlecaf.
Le rôle stratégique des parlementaires
Au-delà de leur fonction législative, les membres de l'Eala sont appelés à jouer un rôle déterminant dans le contrôle de l'action gouvernementale, la sensibilisation des acteurs économiques et l'adoption de cadres réglementaires favorables à la libre circulation des biens et des services.
Pour la présidente de la Commission de la communication, du commerce et de l'investissement de l'Eala, Francine Rutazana, cette formation doit permettre aux parlementaires de mieux accompagner les acteurs économiques régionaux.
« Cet atelier nous permettra de veiller à ce que les bénéfices de l'intégration continentale profitent aux entreprises, aux femmes, aux jeunes, aux petites et moyennes entreprises ainsi qu'aux commerçants informels transfrontaliers qui constituent l'épine dorsale de nos économies régionales », a-t-elle déclaré.
Une intégration au service d'une croissance inclusive
A travers cette initiative, la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique entend renforcer la capacité des institutions régionales à accompagner la mise en oeuvre coordonnée de la Zlecaf.
L'objectif est de créer un environnement juridique et institutionnel favorable au développement du commerce intra-africain, à l'investissement et à la compétitivité des économies africaines, tout en veillant à ce que les retombées de l'intégration bénéficient aux populations, en particulier aux femmes, aux jeunes entrepreneurs, aux Pme et aux acteurs du commerce informel.
En renforçant les compétences des législateurs, la Cea mise sur une gouvernance plus efficace de la Zlecaf afin de transformer l'accord commercial continental en un véritable moteur de croissance inclusive, de création d'emplois et de développement durable pour l'Afrique.