Ile Maurice: Première ligne ou poste aménagé - Le dilemme des agentes enceintes

La présence d'agentes enceintes lors d'interventions de première ligne suscite des interrogations. Le débat a refait surface lundi, lors de la prestation de serment des junior ministers à la State House, à Réduit. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a indiqué que, lors de l'opération menée dimanche pour évacuer Malina Cheeneebash du parvis de l'Hôtel du gouvernement, une policière enceinte a été agressée.

Cette déclaration soulève une question : quelles sont les dispositions prévues pour les employées enceintes des services essentiels, notamment pour les interventions sur le terrain ? Les syndicats représentant les policiers et les sapeurs-pompiers assurent que des mécanismes de protection existent, même si leur application dépend de la situation médicale de chaque agente.

Selon le président de la Police Fighters Union, le Sub-Inspecteur Satish Buljeeon, les policières enceintes peuvent bénéficier d'un aménagement de leurs fonctions. «Après évaluation par le médecin de la police, elles peuvent être placées en light duty. Cela signifie qu'elles ne sont plus affectées aux opérations de première ligne.»

Ce qui change avec le «light duty»

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Toutefois, tant que cette recommandation médicale n'est pas émise, les policières continuent d'assurer leurs fonctions habituelles conformément aux directives de leur hiérarchie. «Dans le cas de dimanche, personne ne s'attendait peut-être à ce que la situation évolue de cette manière», avance-t-il. Une fois le régime de light duty accordé, les conditions de travail changent sensiblement.

«Elles ne portent plus l'uniforme opérationnel et travaillent en tenue civile. Elles accomplissent principalement des tâches administratives, comme la mise à jour de dossiers ou le travail sur ordinateur dans les postes de police. Tout est mis en oeuvre pour éviter qu'elles soient confrontées directement au public durant leur grossesse», précise le syndicaliste.

Du côté du Mauritius Fire and Rescue Service, c'est le même principe. Ashraf Buxoo, président de la Government Servants Employees Association Fire Fighter Cadre, estime que la protection des agentes enceintes relève autant du bon sens que de la responsabilité de l'employeur. «Toute femme a le droit de porter un enfant. Lorsqu'elle travaille dans un service essentiel, elle doit bénéficier de protections particulières et d'une certaine flexibilité de la part du management.»

Il explique que lorsqu'une pompière informe ses supérieurs de sa grossesse, son environnement de travail est adapté en conséquence. «Certaines tâches deviennent incompatibles avec son état. On ne peut pas demander à une femme enceinte de manipuler des tuyaux lors d'un incendie important ou de réaliser des efforts physiques qui pourraient mettre en danger sa santé ou celle de son bébé», souligne-t-il.

Pour le syndicaliste, la solidarité entre collègues joue également un rôle important. «C'est une question de mentalité. Il faut changer notre regard sur les femmes enceintes. Elles peuvent parfaitement continuer à travailler, mais dans des fonctions administratives ou adaptées à leur condition.» Si des circonstances exceptionnelles peuvent nécessiter leur présence sur un site d'intervention, Ashraf Buxoo assure que leurs collègues veillent à limiter leur exposition aux tâches les plus exigeantes.

«Il existe une coopération au sein des équipes. En règle générale, à partir de six mois de grossesse, nous privilégions le fait que les futures mères ne soient plus déployées sur le terrain. Il ne faut pas prendre de risques.»

Les représentants syndicaux insistent ainsi sur un même principe : concilier la continuité du service public avec la protection des agentes enceintes. Si les modalités peuvent varier selon les recommandations médicales et les réalités opérationnelles, tous s'accordent sur la nécessité d'adapter les conditions de travail afin de préserver la santé de la mère et de l'enfant à naître.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.