Ile Maurice: 600 employés suspendus à l'échéance du 15 août

À l'approche de la clôture de l'appel d'offres pour la privatisation des casinos de la State Investment Corporation (SIC), l'inquiétude gagne les employés. À travers des vidéos publiées sur la page Facebook de Libération Moris, plusieurs travailleurs témoignent de leur angoisse et interpellent le gouvernement sur leur avenir.

Les jours passent et l'incertitude grandit. Pour les travailleurs des casinos sous la tutelle de la SIC, le 15 août est désormais une date redoutée. C'est en effet à cette échéance que prendra fin l'appel d'offres lancé dans le cadre de la privatisation des établissements. À quelques jours de cette échéance, les employés disent ne toujours pas savoir ce qui les attend. Dans plusieurs vidéos, ils parlent de leurs inquiétudes, mais aussi de leurs familles qui pourraient être directement touchées par les décisions à venir.

Pour Jayen Moorghen, président de la Casinos Employees Union (CEU), quelque 600 travailleurs sont aujourd'hui dans le flou. Il déplore notamment l'absence d'informations de la direction depuis le lancement du processus de privatisation. «Le management ne nous donne aucune information sur ce qui se trame. À travers ces vidéos, nous lançons un appel au gouvernement pour qu'il réagisse à temps, qu'il puisse sortir les casinos du rouge et préserver l'emploi des travailleurs», affirme-t-il.

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Le syndicaliste dit avoir écrit au Premier ministre, Navin Ramgoolam, ainsi qu'au junior minister aux Finances, Dhaneshwar Damry, sans obtenir de réponse à ce jour. L'ancien président de la CEU Brady Poonusami interpelle lui aussi le gouvernement. Il revient notamment sur la situation des casinos fermés au fil des années, citant ceux de Trouaux-Biches, du St Géran et de l'hôtel La Pirogue, qui, selon lui, «rapportaient gros».

Des familles dans l'attente

Il rappelle également qu'en 2009, des fonds avaient été accordés par Beach Casino pour permettre la réouverture d'un casino et la relocalisation des travailleurs de Trou-auxBiches. «À ce jour, aucun casino n'a vu le jour», déplore-t-il. Selon lui, neuf réformes annoncées sous l'ancien gouvernement de Pravind Jugnauth n'auraient pas été concrétisées. Il estime que la dette des casinos dépasse aujourd'hui Rs 1,9 milliard. Pour autant, il ne considère pas la privatisation comme l'unique solution. «Nous pouvons redresser la barre», soutient-il, à condition notamment de placer «une personne de calibre» à la tête de ce dossier à la SIC.

Après 38 années de carrière au Casino de Maurice, Corine Janson réclame, elle aussi, des éclaircissements. «Plus de 1 000 familles sont dans le flou à ce jour», affirmet-elle. Elle s'interroge sur les conséquences de la privatisation : licenciements, changements ou amélioration des conditions de travail.

Pour Janeca, dont l'époux travaille également dans les casinos, l'inquiétude est encore plus personnelle. «Si on privatise et que l'on nous licencie, ce sera un couple au chômage et nous avons trois enfants», confie-t-elle.

Elle affirme que cette incertitude pèse déjà sur sa famille. «Cela affecte aussi nos enfants.» À quelques jours du 15 août, les employés espèrent désormais des réponses. Car derrière le dossier de privatisation, ce sont des centaines de familles qui attendent de savoir de quoi leur avenir sera fait.

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