Le Gabon a célébré dimanche 9 août la journée nationale du drapeau, avec une cérémonie où des responsables ont prêté allégeance au drapeau vert, jaune et bleu, sous les regards du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Dans un communiqué, le ministre gabonais de l'Intérieur a exigé que toutes les administrations et les commerces arborent l'emblème national du 9 au 31 août prochain. Mais face aux sanctions qui planent contre les récalcitrants, les commerçants dénoncent le risque d'abus.
Dans le quartier Nombakélé, à quelques encablures du centre-ville de Libreville, Vanessa a bien accroché le drapeau national devant son bar, mais elle est furieuse contre la décision du gouvernement : « Dans la logique des choses, je suis une Gabonaise, le drapeau doit être gratuit », déplore-t-elle. Combien cela lui a coûté ? « 4 500 francs CFA ».
Au PK 6, le bar de Marianne n'a pas de drapeau : « On ouvre le bar de 8 h à midi, on a même pas 100 francs. On va payer les drapeaux avec quoi ? »
Une décision qui suscite le débat
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La décision du gouvernement suscite le débat. « Moi, je soutiens le gouvernement, il faut sanctionner », juge un habitant de Libreville. « Je ne pense pas que ce soit normal de mériter une sanction du moment où le drapeau n'est pas donné gratuitement », conteste un autre.
Abbas Nziengui, président d'un syndicat de commerçants, craint que les contrôles confiés à la police tournent à l'extorsion des fonds. « Leurs missions doivent être clairement encadrées afin d'éviter tout risque d'abus ou de pression sur les commerçants »
Au-delà de toute considération, Edgard Mombo, ministre porte-parole du gouvernement gabonais, appelle au patriotisme : « C'est un signe de patriotisme absolu pour faire en sorte que toute la nation brille aux couleurs de notre pays », dit-il, alors que les drapeaux doivent flotter partout jusqu'au 31 août prochain.