Longtemps marginalisé par les pays occidentaux, le régime d'Issayas Afewerki obtient plusieurs responsabilités au sein des Nations unies, tandis que les États-Unis renouent le dialogue avec l'Érythrée. Un retour sur la scène diplomatique d'Asmara, qui s'explique aussi par le nouvel intérêt stratégique que suscite le pays sur les rives de la mer Rouge.
En octobre, un diplomate érythréen présidera le Forum social du Conseil des droits humains. Le pays a également obtenu un siège au Conseil économique et social des Nations unies et une vice-présidence de la prochaine Assemblée générale. Des responsabilités attribuées selon une répartition entre groupes régionaux, mais qui traduisent aussi, selon plusieurs spécialistes, une volonté d'Asmara de s'investir davantage dans les institutions internationales.
Pour Mohamed Kheir Omer, chercheur spécialiste de la Corne de l'Afrique, le régime a constaté que « la politique d'isolement pratiquée pendant près de 20 ans par le régime n'a pas porté ses fruits » et cherche désormais à mieux défendre ses positions.
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Un paradoxe, alors que le Conseil des droits humains a renouvelé, il y a quelques semaines, le mandat de son rapporteur spécial sur l'Érythrée. Son dernier rapport dénonce le service national à durée indéterminée, les détentions arbitraires et les restrictions des libertés fondamentales.
Importance stratégique ?
Dans le même temps, le contexte régional redonne à l'Érythrée une importance stratégique pour les pays occidentaux. La guerre au Moyen-Orient, et les tensions en mer Rouge, les attaques des Houthis contre les navires en mer Rouge et les tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb, replacent le pays au coeur des enjeux de sécurité. Pour Cameron Hudson, chercheur au Center for Strategic and International Studies, Washington cherche désormais à renforcer ses relations avec les États bordant la mer Rouge.
L'administration Trump a repris le dialogue avec Asmara, tout en maintenant des sanctions ciblées contre plusieurs responsables et entreprises proches du régime, imposées après la guerre au Tigré en 2021.