L'adversaire principal des États-Unis au cours du vingtième siècle était le communisme. Des individus ont été arrêtés en raison de leur appartenance au communisme, et des conflits armés ont été déclenchés à cause de cette idéologie. Le Sud-Vietnam était perçu comme étant enclin au communisme. Ho Chi Minh était considéré comme un membre du Parti communiste.
Cependant, le communisme constitue notre condition première intrinsèque. La communauté de l'être a précédé celle de l'avoir avant la révolution néolithique. Le communisme consiste à privilégier le bien-être collectif avant tout, en veillant à ce que la communauté de l'être l'emporte sur l'individualisme de la société fondée sur la possession. Le communisme consiste à garantir à chaque individu un logement, un emploi, une alimentation ainsi qu'un accès aux soins de santé adéquats. Les États-Unis l'ont réalisé en 1930, au debut de la Grande Dépression.
Dans les années précédant la Grande Dépression, la redistribution des richesses ainsi que les inégalités de revenus étaient quasiment comparables à celles observées actuellement en Amérique. Toutefois, les États-Unis ont estimé que la redistribution des richesses et des revenus s'était excessivement orientée en faveur des classes aisées, les élites des côtes Est et Ouest concentrant la quasi-totalité des richesses, tandis que le centre connaissait une pauvreté inacceptable. Afin de prévenir l'implosion du pays, les États-Unis avaient opté pour une taxation drastique des revenus de l'ensemble des corporations ainsi que des individus fortunés. La taxe a été établie à 63 % pour l'ensemble des revenus excédant un million de dollars.
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Cela constituait un événement inédit, et l'État américain a collecté une somme considérable de fonds qui a permis la création du système de sécurité sociale assurant à tout Américain ayant atteint l'âge de soixante-cinq ans le versement d'une pension ; le premier salaire minimum, instauré en 1930, visait à garantir à chaque travailleur une rémunération décente. Les États-Unis ont instauré en 1930 une indemnisation en cas de perte d'emploi (compensation chômage). La principale réalisation associée à cet argent a été la création de quinze millions d'emplois afin de fournir un emploi à l'ensemble des personnes en situation de chômage. Il s'agissait donc de la redistribution des richesses générées par le pays à l'ensemble de la population.
C'est l'essence même du communisme que l'Amérique combattra durant une longue période. Les conditions ayant conduit à la redistribution vers le bas de 1930 semblent manifestement réunies aujourd'hui. Une seconde redistribution vers le bas est manifestement inévitable aux Etats Unis d'Amérique.
En République démocratique du Congo, les disparités salariales excèdent toute mesure raisonnable. Un exemple se trouve au sein du Fonds National de Réparation des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et aux crises affectant la paix et la sécurité de l'humanité (FONAREV). Le FONAREV constitue une institution publique de la République démocratique du Congo, établie en 2022, dont la mission est d'identifier, d'appuyer et de compenser les victimes des conflits et des crimes de guerre. D'après le site beto.cd, qui relaie les données d'AFREWATCH, le salaire de base d'un huissier de la fonction publique s'élève à 107 dollars, celui d'un professeur d'université à 179 dollars, tandis que celui d'un soldat atteint 213 dollars.
Ce salaire de base constitue la référence fondamentale utilisée pour les calculs des pensions de retraite des agents de la fonction publique. Le salaire de base est fréquemment complété par une prime institutionnelle ; ces deux éléments constituent ensemble le salaire net. Voici la tension salariale actuellement observée (en 2026) en République démocratique du Congo. Le professeur d'université reçoit une prime institutionnelle de 1930 $ (soit 1094,88 % de son salaire de base), à laquelle s'ajoute un salaire de base de 179 $, ce qui correspond à un salaire mensuel net total de 2109 $ pour un professeur d'université. Le salaire mensuel net du Directeur de FONAREV s'élève à 30 000 dollars, hors avantages relatifs au logement et à la mobilité.
C'est dans ce contexte qu'au Congo un Ministre peut percevoir un salaire mensuel de 45 000 dollars, tandis qu'un enseignant du primaire et une infirmière perçoivent 150 dollars, un enseignant du secondaire 300 dollars et un professeur d'université 2 000 dollars. En résumé, la pression salariale en République démocratique du Congo reflète une redistribution des richesses et des revenus vers les couches supérieures, analogue à celle observée aux États-Unis d'Amérique avant 1930. Afin de prévenir l'implosion du pays, l'Amérique des années 1930 a mis en oeuvre une redistribution des richesses vers les classes populaires (que jequalifie de communiste) en imposant fortement les entreprises et les grandes fortunes afin de réallouer les fonds collectés au sein de la population.
Les États-Unis avaient instauré une pension pour toute personne ayant atteint l'âge de soixante-cinq ans, le salaire minimum, l'indemnisation en cas de perte d'emploi, et, surtout, la création de quinze millions d'emplois pour les chômeurs. Ainsi, l'Amérique a pu prévenir l'implosion du pays. Quelles sont les mesures envisageables aujourd'hui par la République démocratique du Congo pour faire face à l'implosion prévisible du pays, liée à une concentration ascendante des richesses, comme l'illustre la tension salariale précédemment décrite ? Les conflits actuels constituent des conséquences et non des causes.
Javier Milei, le président argentin, a récemment décidé que, dans l'hypothèse où l'État enregistrerait un déficit non résorbé, les premiers à ne plus percevoir leur rémunération seraient les responsables politiques suivants : le président, le vice-président, les ministres, les députés et les sénateurs. Leur rémunération élevée sera ramenée à zéro jusqu'à ce que les comptes soient équilibrés.
En République démocratique du Congo, en présence du risque imminent d'effondrement national, il convient non seulement d'éliminer les hauts salaires, mais également de réfléchir aux moyens de stopper les sorties de capitaux. Actuellement, le pays dépend à hauteur de 46 % des revenus issus des mines, lesquelles représentent 99 % de ses exportations. Il suffit que les prix des minerais diminuent ou que des minerais synthétiques soient mis en circulation pour que le pays s'enfonce dans une obsolescence économique.
Le principe devant guider les gouvernements congolais consiste à employer les revenus actuels issus des minerais pour édifier une structure pérenne destinée aux générations futures. La rente minière actuelle doit permettre de financer la réduction de la dépendance future su les mines. L'État est en mesure d'importer des équipements destinés à la production de machines afin d'investir dans la transformation locale, notamment par l'établissement de raffineries sur le territoire et le développement de compétences locales. Il conviendrait d'imposer ce type de transformation à l'ensemble des investisseurs dans les mines.
En conclusion, supposons, ne serait-ce qu'un instant, que le gouvernement congolais parvienne à recueillir, par le biais des taxes et des impositions sur les investisseurs, une somme équivalente à celle collectée par le gouvernement américain en 1930. Le Congo sera-t-il en mesure d'assurer le versement des pensions à ses ressortissants ayant atteint l'âge de 65 ans ? Le Congo serait-il en mesure d'établir un salaire minimum ? Le Congo serait-il en mesure d'instaurer une compensation en cas de perte d'emploi ? Le Congo serait-il en mesure de générer des emplois pour sa population au chômage ? Ou bien les fonds récoltés seront-ils alloués aux membres du gouvernement, comme l'avait affirmé l'ancien ministre des Finances, M. Nicolas Kazadi ?
Outre la faculté d'imposer des prélèvements fiscaux aux entreprises et aux individus fortunés du pays, il est nécessaire que le gouvernement dispose d'une autorité suffisante pour effectuer une redistribution en faveur des populations les moins aisées. Cependant, l'enjeu primordial pour la République démocratique du Congo réside dans la valorisation de la rente minière actuelle afin d'établir une économie autonome vis-à-vis des matières premières, en procédant à la transformation locale de ses minerais, en développant la production d'énergie sur le territoire national et, surtout, en favorisant la constitution d'une sous-traitance locale.