Quelques mois après sa prise de fonctions à Tunis, l'ambassadeur des États-Unis, Bill Bazzi, accorde à La Presse de Tunisie sa toute première interview depuis sa nomination. À travers cet entretien exclusif, le diplomate américain dévoile sa vision des relations tuniso-américaines à un moment où les deux pays entendent consolider un partenariat historique tout en l'orientant davantage vers des résultats concrets.
Coopération économique, investissements, sécurité régionale, innovation, jeunesse, éducation ou encore échanges commerciaux : autant de dossiers qu'il considère comme prioritaires pour donner un nouvel élan à la relation bilatérale.Ingénieur de formation, vétéran des Marines américains et ex-maire de Dearborn Heights, dans l'État du Michigan, Bill Bazzi revendique une approche résolument pragmatique.
Au fil de l'entretien, il insiste sur la nécessité de renforcer les passerelles entre les entreprises tunisiennes et américaines, d'encourager l'investissement privé, de soutenir l'entrepreneuriat et de valoriser ce qu'il décrit comme l'une des plus grandes richesses de la Tunisie : sa jeunesse.
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À plusieurs reprises, il souligne avoir été marqué par les compétences, la créativité et le potentiel des jeunes Tunisiens, qu'il considère comme un levier essentiel du développement futur.Dans cet échange, l'ambassadeur revient également sur la coopération sécuritaire entre Washington et Tunis, le rôle stratégique de la Tunisie dans une région confrontée à de nombreux défis, les programmes américains destinés aux étudiants et aux entrepreneurs, ainsi que sur les récentes évolutions de la politique américaine en matière de visas.
Entre priorités diplomatiques, ambitions économiques et convictions personnelles, Bill Bazzi expose la feuille de route qu'il entend suivre durant son mandat, avec un objectif qu'il résume en quelques mots : construire, avec les Tunisiens, un partenariat fondé sur le respect mutuel et des réalisations concrètes au service des deux peuples.
Après plusieurs mois en poste à Tunis, quel regard portez-vous sur les relations entre la Tunisie et les États-Unis ? Quelles sont les priorités que vous souhaitez porter pour renforcer ce partenariat ?
Depuis mon arrivée en Tunisie, je vis une expérience très positive. J'ai eu l'honneur de rencontrer Son Excellence le Président Kaïs Saïed ainsi que de nombreux ministres. Ces rencontres ont été particulièrement enrichissantes.
Je me suis senti bien accueilli. Ce qui m'a marqué, c'est que les priorités de la Tunisie rejoignent largement celles des États-Unis : la sécurité, la stabilité et la prospérité. Ce sont des objectifs que nous partageons et que je m'efforce de promouvoir dans le cadre de ma mission, en représentant le président Donald Trump. Mon ambition est donc de traduire ces priorités en résultats concrets, en renforçant davantage notre coopération dans tous ces domaines.
Par ailleurs, j'accorde une importance particulière à la jeunesse. C'est un sujet qui me tient profondément à coeur. Nos deux pays accordent une importance singulière aux jeunes. Je souhaite créer davantage de passerelles entre les jeunes de nos deux pays.
La semaine dernière, j'étais à Monastir, où j'ai eu le plaisir de rencontrer des jeunes scouts tunisiens. Cette visite m'a particulièrement marqué. En les observant, j'avais le sentiment d'être aux États-Unis tant leurs traditions ressemblaient à celles des scouts américains. Cela me rend optimiste pour l'avenir, car la jeunesse représente le futur de nos deux pays.
Vous estimez que les relations tuniso-américaines reposent sur des bases solides. Selon vous, quels leviers permettront de donner une nouvelle impulsion à ce partenariat dans les années à venir ?
Je pense que nous sommes aujourd'hui sur la bonne voie. Les États-Unis et la Tunisie entretiennent un partenariat depuis presque 230 ans, fondé sur une histoire d'amitié et de confiance.
Cette année est d'ailleurs particulière puisqu'elle marque le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis et le 70e anniversaire de l'indépendance de la Tunisie. D'ailleurs, les États-Unis ont été la première puissance mondiale à reconnaître l'indépendance de la Tunisie. Bien avant cela, nos deux pays avaient déjà établi des relations à travers le Traité de paix et d'amitié signé en 1797. Cela montre que notre relation ne date pas d'hier.
Je pense notamment à la visite du président Habib Bourguiba aux États-Unis, où il avait rencontré le président John F. Kennedy. Ces liens historiques constituent une base solide sur laquelle nous pouvons continuer à construire.
Aujourd'hui, mon objectif est d'aller encore plus loin. Je souhaite renforcer notre coopération en matière de sécurité, contribuer à la prospérité économique de nos deux pays, investir davantage dans la jeunesse et encourager les échanges entre nos entrepreneurs.
Nous voulons aussi créer davantage d'opportunités pour les entreprises américaines qui souhaitent investir en Tunisie, tout en encourageant les entreprises tunisiennes à développer leurs activités et leurs investissements aux États-Unis. C'est ainsi que nous pourrons donner une nouvelle dimension à notre partenariat.
La coopération entre la Tunisie et les États-Unis est souvent associée aux volets sécuritaire et militaire. Comment envisagez-vous de consolider ce partenariat et le développer en investissement dans la sécurité ?
Nous traversons une période favorable pour les relations entre nos deux pays, et ma mission ne consiste pas seulement à entretenir cette relation historique, mais aussi à la renforcer.
En effet, la stabilité de la Tunisie est essentielle pour les États-Unis, notamment en raison de son rôle stratégique en Méditerranée et de son importance pour la sécurité maritime régionale.
J'ai eu l'occasion d'assister à des exercices militaires conjoints, notamment Phoenix Express et African Lion, dans le cadre desquels j'ai visité plusieurs installations militaires tunisiennes et rencontré de hauts responsables militaires. En tant qu'ancien militaire ayant servi plus de vingt ans dans les Marines américains, j'ai été particulièrement impressionné par les capacités des forces armées tunisiennes.
L'administration du président Trump encourage une approche fondée sur le partage des responsabilités. Chaque pays doit investir dans sa propre sécurité et dans sa propre stabilité afin d'obtenir des résultats durables.
À mes yeux, le premier investissement est celui que l'on fait dans les femmes et les hommes. La Tunisie accomplit un travail remarquable en investissant dans la formation de ses militaires et dans le développement de leurs compétences. Les efforts réalisés dans les académies et les centres de formation que j'ai visités m'ont beaucoup impressionné. Et sur le terrain, les forces armées tunisiennes ont joué un rôle important dans la lutte contre les organisations terroristes comme Al-Qaïda et Daech et contribuent activement à la sécurité du pays.
Je l'ai notamment constaté aussi lors des récents feux de forêt, au cours desquels des moyens aériens américains, notamment des avions C-130 Hercules et des hélicoptères Black Hawk, ont été mobilisés pour appuyer les opérations. C'est très encourageant et témoigne de la solidité de notre coopération.
Les investissements américains en Tunisie restent en deçà du potentiel du pays. Comment comptez-vous encourager davantage d'entreprises américaines à investir en Tunisie et renforcer les échanges économiques entre les deux pays ?
L'un de mes principaux objectifs est de renforcer les échanges commerciaux entre la Tunisie et les États-Unis et de favoriser un meilleur équilibre dans nos relations économiques. Pour y parvenir, je travaille en étroite collaboration avec les autorités tunisiennes.
Lorsque j'étais maire, j'avais pour habitude d'être constamment sur le terrain, au contact des citoyens, des responsables et des entrepreneurs. J'ai conservé cette même approche en Tunisie. Depuis mon arrivée, j'ai rencontré de nombreux investisseurs et chefs d'entreprise américains, et je peux vous dire qu'ils manifestent un réel intérêt pour le marché tunisien.
Plusieurs entreprises américaines sont déjà solidement implantées en Tunisie. Je pense notamment à Pursuit Aerospace, dans le secteur aéronautique, ainsi qu'à Lear Corporation et Visteon - Lear et Visteon étant d'ailleurs toutes deux basées dans le Michigan.
J'ai eu l'occasion de rencontrer les dirigeants de plusieurs de ces entreprises, notamment Visteon, Pursuit Aerospace et Lear Corporation. Certaines entreprises américaines envisagent d'étendre leurs activités en Tunisie et explorent les possibilités d'aller encore plus loin.
Le rôle de l'ambassade est précisément de servir de passerelle entre les investisseurs américains et le gouvernement tunisien. Nous voulons identifier les difficultés qu'ils rencontrent, et les autorités tunisiennes affichent une réelle volonté d'attirer davantage d'entreprises, de stimuler la croissance et de créer de nouveaux emplois.
Parallèlement, nous voulons nous assurer que nos échanges commerciaux soient équilibrés, et nous discutons actuellement des questions commerciales et tarifaires en vue d'un éventuel accord avec la Tunisie. Comme de nombreux pays, la Tunisie est affectée par l'évolution du commerce international, mais ma priorité demeure le renforcement des relations économiques entre nos deux pays.
Sur un autre plan, nous avons récemment organisé des journées consacrées à l'aéronautique, qui ont rencontré un véritable succès. Elles ont permis aux entreprises américaines de présenter leurs technologies de pointe et leur savoir-faire aux acteurs tunisiens. C'est exactement le type d'initiative que nous souhaitons multiplier afin de faire connaître les meilleures technologies américaines et d'encourager davantage d'entreprises à venir investir en Tunisie.
Les investisseurs évoquent parfois la complexité des procédures administratives en Tunisie comme un frein aux investissements. Quel regard portez-vous sur cette question et quel rôle l'ambassade peut-elle jouer pour faciliter l'arrivée de nouvelles entreprises américaines ?
La Tunisie est un pays souverain et les autorités tunisiennes prennent elles-mêmes leurs décisions économiques. Ce que je constate, c'est qu'elles affichent une réelle volonté d'attirer davantage d'investissements étrangers. C'est un message que j'entends régulièrement lors de mes échanges avec les responsables tunisiens. Le gouvernement met notamment l'accent sur l'emploi des jeunes, le développement de l'économie et la création de nouvelles entreprises.
Je suis également profondément impressionné par le potentiel de la jeunesse tunisienne. La Tunisie se classe parmi les meilleurs pays au monde en termes de diplômés dans les filières scientifiques et technologiques par habitant. Depuis mon arrivée, j'ai rencontré de nombreux jeunes, notamment des ingénieurs et des scientifiques, Ils sont exceptionnellement résilients et persévérants. Étant moi-même ingénieur, j'apprécie particulièrement les échanges que j'ai avec eux. Ils posent des questions à la fois pertinentes et exigeantes, ont envie d'aller plus loin, recherchent des solutions concrètes et manifestent une véritable volonté d'innover.
Mon rôle consiste aussi à être à l'écoute des entreprises américaines implantées en Tunisie. Je leur demande quels sont les obstacles qu'elles rencontrent, quels sont leurs besoins et ce qui pourrait favoriser de nouveaux investissements ou l'expansion de leurs activités. Et en tant qu'ambassadeur, je fais le lien entre ces entreprises et les autorités tunisiennes. Lorsque des préoccupations ou des difficultés sont portées à notre connaissance, nous les transmettons au gouvernement tunisien afin de trouver des solutions et de lever les obstacles éventuels.
Et ce qui est encourageant, c'est que les autorités tunisiennes sont à l'écoute et disposées à dialoguer.
Vous mettez souvent en avant le potentiel du capital humain tunisien. Comment les États-Unis entendent-ils accompagner le développement des compétences, de l'innovation et du transfert de technologies entre les deux pays ?
Comme je l'ai déjà cité, depuis mon arrivée en Tunisie, j'ai découvert un pays qui possède un potentiel exceptionnel. Lorsque l'on prend de nouvelles fonctions, on entend souvent parler des difficultés ou des obstacles. Personnellement, je préfère voir les opportunités plutôt que les problèmes, et c'est précisément ce que je constate ici.
Au-delà de cet aspect, je suis particulièrement impressionné par la jeunesse tunisienne. J'ai rencontré de nombreux étudiants, de jeunes entrepreneurs et des porteurs de projets. Ils sont brillants, ambitieux et disposent d'un immense potentiel. Tout est possible lorsqu'on investit dans une telle génération.
Mon expérience chez Boeing et Ford Motor Company m'a appris qu'une entreprise ne se contente pas de vendre un produit. Les grandes entreprises américaines investissent des milliards de dollars dans la recherche, l'innovation et le développement. Lorsqu'elles s'implantent dans un pays, elles apportent aussi leur savoir-faire, leurs méthodes de travail, leurs standards internationaux et une culture de l'innovation.
Notre objectif n'est donc pas uniquement de fournir des technologies, mais aussi de partager les compétences, de former les talents locaux et d'accompagner durablement nos partenaires. Si, par exemple, davantage d'entreprises comme Boeing développent leurs activités en Tunisie, cela créera également des opportunités de transfert de connaissances et de développement des compétences dans des secteurs de pointe.
C'est cette vision que je souhaite encourager : rapprocher les entreprises américaines et tunisiennes afin qu'elles travaillent ensemble, innovent ensemble et créent davantage d'opportunités pour les jeunes.
J'ai également eu l'occasion de rencontrer des jeunes entrepreneurs soutenus par l'ambassade des États-Unis. J'ai été frappé par leur enthousiasme et leur confiance en l'avenir. À leur âge, je n'avais probablement pas les mêmes perspectives. Cela montre à quel point le potentiel est immense en Tunisie. Nous voulons continuer à accompagner cette jeunesse et lui donner les moyens de concrétiser ses ambitions.
La coopération sécuritaire demeure l'un des piliers du partenariat entre Washington et Tunis. Dans un contexte régional marqué par les tensions au Moyen-Orient, quelle place la Tunisie occupe-t-elle aujourd'hui dans la stratégie américaine pour la région ?
Le président Donald Trump et le secrétaire d'État, Marco Rubio, ont été très clairs : les États-Unis ne permettront pas à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire et continueront d'oeuvrer pour empêcher toute action susceptible de déstabiliser davantage la région.
La Tunisie est un allié et un partenaire important pour les États-Unis. Elle occupe une position stratégique et joue un rôle dans la sécurité de cette partie du monde. Notre objectif est, donc, de continuer à travailler avec la Tunisie afin de préserver sa sécurité, sa stabilité et sa prospérité. Ces trois dimensions sont indissociables et constituent le socle de notre partenariat.
La Tunisie a toujours été un partenaire fiable en matière de coopération sécuritaire et militaire. Nous souhaitons poursuivre ce travail commun et veiller à ce que le pays demeure un facteur de stabilité dans la région.
Personne n'aime la guerre. J'ai vécu la guerre. J'ai grandi dans la guerre. C'est précisément pour cette raison que nous devons tout faire pour que cette région soit sûre et stable pour tous.
La Tunisie insiste régulièrement sur l'importance d'un partenariat fondé sur le respect mutuel et la souveraineté des États. Comment les États-Unis entendent-ils construire une relation équilibrée avec Tunis dans un contexte international marqué par de multiples défis géopolitiques ?
Les États-Unis respectent pleinement la souveraineté de la Tunisie. Nous respectons le pays, son peuple, ses institutions et ses lois. Ce respect est aussi réciproque.
Dans toutes les rencontres que j'ai eues avec les autorités tunisiennes, qu'il s'agisse des ministres ou d'autres officiels, j'ai constaté que cette relation est fondée sur un respect mutuel. C'est un principe essentiel à mes yeux et il guide l'action de l'ambassade des États-Unis.
Le président Donald Trump m'a confié la mission de renforcer ce partenariat dans un esprit de confiance et de respect. Notre objectif est de développer une coopération toujours plus étroite.
Je constate aussi que cette coopération progresse déjà de manière concrète. Les relations entre nos deux pays sont solides et continuent de se développer. Bien sûr, nous pouvons toujours aller plus loin et il existe encore de nombreuses opportunités à saisir.
En tant qu'ambassadeur des États-Unis, c'est ainsi que je conçois ma mission : bâtir une relation de confiance, fondée sur le dialogue, le respect et des intérêts communs.
Les États-Unis ont récemment annoncé la possibilité d'exiger une caution pouvant atteindre 20 000 dollars pour certains demandeurs de visas. Pouvez-vous préciser dans quels cas cette mesure s'applique et si les ressortissants tunisiens sont concernés ?
La migration est un enjeu mondial qui concerne aussi bien les États-Unis que la Tunisie. Cette mesure vise avant tout à s'assurer que les personnes qui se rendent aux États-Unis respectent les conditions de leur séjour et retournent dans leur pays à l'expiration de leur visa.
Nous continuons d'encourager les Tunisiens à venir aux États-Unis, que ce soit pour le tourisme, les affaires ou les échanges professionnels et nous attendons d'eux qu'ils respectent les conditions de leur visa.
Il est important de préciser qu'il ne s'agit pas de frais supplémentaires liés au visa. Beaucoup de personnes pensent qu'elles devront payer une somme qu'elles perdront définitivement, mais ce n'est pas le cas. Il s'agit d'une caution, qui est remboursée lorsque le titulaire du visa respecte les conditions de son séjour et quitte les États-Unis conformément aux règles. D'ailleurs, cette caution ne s'applique pas aux étudiants.
J'ai eu l'occasion d'échanger avec plusieurs Tunisiens à ce sujet, notamment lors d'une rencontre avec les anciens bénéficiaires du programme Fulbright. Beaucoup avaient entendu des informations incomplètes ou des rumeurs. Je leur ai expliqué que cette caution n'est pas une pénalité : elle est restituée lorsque les règles sont respectées.
L'objectif de cette mesure est simplement de s'assurer que les visiteurs respectent les lois américaines et les conditions de leur visa.
Je souhaite également réaffirmer que nous voulons continuer à développer les échanges économiques entre nos deux pays. Nous encourageons les entrepreneurs et les investisseurs tunisiens à venir aux États-Unis, tout comme nous souhaitons voir davantage d'entreprises américaines investir en Tunisie.
Les États-Unis soutiennent depuis de nombreuses années des programmes en Tunisie dans les domaines de l'éducation, de l'entrepreneuriat, de l'innovation et du développement économique. Dans le contexte actuel, quelles sont les priorités de l'ambassade pour renforcer cette coopération au cours des prochaines années ?
L'ambassade des États-Unis mène de nombreux programmes en faveur de la jeunesse tunisienne, notamment des programmes d'échange. Parmi eux figure le programme Access, qui permet à des jeunes issus de milieux défavorisés d'apprendre l'anglais tout en développant leurs compétences en leadership. Cette expérience leur ouvre souvent la voie à de nombreuses autres possibilités, notamment dans le domaine de l'éducation. Je suis fier de dire qu'en Tunisie, nous comptons aujourd'hui plus de 3 000 anciens participants au programme Access, et nous prévoyons d'en recruter prochainement 60 autres.
Il y a également le prestigieux programme Fulbright, qui célèbre cette année son 80e anniversaire à l'échelle mondiale. Depuis que la Tunisie a rejoint ce programme, plus de 950 Tunisiens ont bénéficié d'une bourse Fulbright pour se rendre aux États-Unis afin d'y enseigner, d'y mener des travaux de recherche ou d'y poursuivre leurs études.
Comme vous pouvez le constater, bon nombre de nos programmes poursuivent le même objectif : investir dans la jeunesse, car je suis convaincu que les jeunes représentent l'avenir de nos deux pays.
Nous voulons soutenir les jeunes Tunisiens et encourager l'entrepreneuriat. À titre d'exemple, nous avons récemment lancé un appel à propositions pouvant aller jusqu'à 20 millions de dollars pour financer des initiatives visant à renforcer les relations économiques entre les États-Unis et la Tunisie et à promouvoir les échanges commerciaux dans des pôles économiques clés tels que le Grand Tunis, Sfax, Sousse et Bizerte.
La Tunisie dispose de tous les atouts nécessaires pour accélérer sa croissance économique, et les investisseurs américains souhaitent collaborer avec les talents tunisiens hautement qualifiés. C'est également l'esprit de programmes comme SelectUSA, qui permet à des entrepreneurs tunisiens de découvrir les opportunités d'investissement aux États-Unis.
Par ailleurs, nous sommes également très fiers d'avoir accompagné, pour la première fois, la participation de startups tunisiennes au Consumer Electronics Show de Las Vegas, l'un des plus grands salons mondiaux consacrés aux technologies et à l'innovation. C'était une étape importante qui a permis aux entreprises tunisiennes de présenter leur savoir-faire sur une scène internationale.
Nous souhaitons poursuivre cette dynamique. Après le succès de notre Aviation Day, nous travaillons sur de nouvelles initiatives, notamment dans le domaine maritime, afin d'attirer davantage d'investisseurs américains et de promouvoir le potentiel des infrastructures portuaires tunisiennes, qui jouent un rôle essentiel dans le développement économique et les échanges commerciaux.
J'ai aussi entendu beaucoup de propositions de la part d'entrepreneurs tunisiens. Certains souhaitent organiser des initiatives consacrées à l'huile d'olive, d'autres à l'industrie automobile, aux industries créatives ou encore à d'autres secteurs porteurs. C'est exactement le type d'initiatives que nous souhaitons encourager, car elles créent des passerelles entre les entreprises tunisiennes et américaines.
À chacune de ces manifestations, je suis particulièrement heureux de voir autant de jeunes participer. Leur enthousiasme, leur créativité et leur ambition sont extrêmement encourageants.
Je reste convaincu qu'il existe encore d'immenses possibilités de coopération entre nos deux pays. Ma vision est de construire un partenariat qui continue de se renforcer dans les années à venir, afin que, dans plusieurs décennies, nous puissions regarder le chemin parcouru ensemble et être fiers de ce que nous aurons accompli.
Pour conclure, quels sont les principaux résultats que vous souhaitez concrètement atteindre durant votre mandat en Tunisie ? Sur quels dossiers aimeriez-vous être jugé, à l'avenir, par les Tunisiens et par vos partenaires tunisiens ?
Tout au long de ma carrière, que ce soit dans les Marines américains, comme maire ou aujourd'hui en tant qu'ambassadeur, j'ai toujours eu la même ambition : donner le meilleur de moi-même au service de la mission qui m'est confiée.
En Tunisie, je souhaite avant tout que l'on se souvienne de ce que nous avons accompli ensemble. Je ne veux pas que l'on parle des réalisations de Bill Bazzi, mais des réalisations accomplies en tandem. Je veux travailler en équipe avec les Tunisiens. Ma porte est toujours ouverte et j'encourage chacun à venir partager ses idées.
Je voudrais que l'on retienne que nous avons renforcé nos échanges économiques, amélioré l'équilibre de notre balance commerciale et favorisé l'arrivée de nouvelles entreprises américaines en Tunisie pour créer des emplois ici et aux Etats-Unis.
Je suis profondément impressionné par la jeunesse tunisienne. J'ai rencontré des jeunes remarquables, talentueux, ambitieux et déterminés. Je veux qu'ils sachent que nous sommes là pour travailler avec eux et pour faire connaître leurs besoins.
Depuis mon arrivée en novembre 2025, tout ce que j'ai vécu en Tunisie a été très positif. Je souhaite poursuivre sur cette dynamique et encourager davantage de partenariats entre les entreprises américaines et tunisiennes. Je suis convaincu que nous pouvons aller encore plus loin.
J'ai également ressenti une énergie très positive auprès des Tunisiens, des leaders de business et des femmes. La Tunisie a souvent été pionnière dans de nombreux domaines. Je pense notamment aux droits des femmes. Quelques jours auparavant, à Monastir, j'ai appris davantage sur l'héritage du président Habib Bourguiba, qui a marqué l'histoire du pays par des réformes majeures en faveur des droits des femmes et de leur participation à la vie publique. C'est une valeur que nous partageons également aux États-Unis.
Je souhaite que nous continuions à bâtir sur ces acquis et à renforcer cet élan. Les possibilités sont immenses et je suis convaincu que le meilleur reste à venir.