Au Mali, le procès de l'animateur radio et activiste Mohamed Youssouf Bathily, plus connu sous le nom de Ras Bath, s'est ouvert à Bamako. Poursuivi notamment pour atteinte au crédit de l'État et de ses institutions, il rejette les accusations formulées à son encontre.
Le procès s'est ouvert à Bamako, plusieurs années après le début de la procédure judiciaire engagée contre lui. Le chroniqueur et activiste malien est notamment poursuivi pour « association de malfaiteurs », « atteinte au crédit de l'État, de ses institutions et de ses gouvernants par le biais des technologies de l'information et de la communication », ainsi que pour des infractions à caractère racial, régionaliste ou religieux.
À l'audience, Ras Bath a contesté les faits qui lui sont reprochés. Sa défense estime que les accusations reposent sur des éléments qui ne permettent pas d'établir sa responsabilité dans les infractions retenues.
L'affaire remonte à mars 2023, lorsque Mohamed Youssouf Bathily avait été interpellé après des déclarations concernant la mort en détention de l'ancien Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga. Il avait alors été poursuivi pour « simulation d'infraction ».
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Relaxé en première instance en juillet 2023, Ras Bath avait néanmoins été condamné en appel, en mars 2024, à 18 mois de prison, dont neuf mois avec sursis. La procédure s'est ensuite poursuivie avec de nouvelles accusations, parmi lesquelles l'« association de malfaiteurs » et l'atteinte au crédit de l'État à travers les technologies de l'information et de la communication.
L'activiste est depuis longtemps une figure controversée de la scène publique malienne. Connu pour ses prises de position très critiques à l'égard des autorités, il s'est notamment fait remarquer à travers ses émissions radiophoniques et ses interventions publiques.
La défense dénonce des accusations « fantaisistes »
Ses avocats contestent fermement les charges retenues contre leur client. Dans un appel publié en décembre 2025, l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, un partenariat de la FIDH et de l'OMCT, rapportait que ses avocats qualifiaient les infractions retenues de « fantaisistes » et demandaient son acquittement.
Selon cette organisation, les poursuites contre Ras Bath s'inscrivent dans un contexte de restriction croissante de l'espace civique et de la liberté d'expression au Mali depuis le coup d'État de 2021. Elle avait également dénoncé ce qu'elle considérait comme une détention arbitraire et appelé les autorités maliennes à garantir la liberté d'expression et d'opinion.
Le procès doit désormais permettre à la justice malienne d'examiner les différents éléments du dossier et les arguments de l'accusation comme de la défense. L'issue de cette procédure est particulièrement suivie au Mali, où Ras Bath reste une personnalité médiatique influente et une voix régulièrement critique envers les pouvoirs en place.