Une affaire de détournement au niveau du ministère de l'Éducation nationale a été déférée au parquet du Pôle anti-corruption (PAC), le samedi 8 août. Cinq personnes ont été envoyées à la maison centrale d'Antanimora.
Cinq personnes ont été placées en détention provisoire à la maison centrale d'Antanimora. Elles sont poursuivies pour plusieurs chefs d'inculpation, notamment le détournement de deniers publics, l'abus de pouvoir, l'octroi et l'obtention d'avantages injustifiés, le blanchiment d'argent, le faux et usage de faux, ainsi que la complicité, dans le cadre de l'achat de tables-bancs destinées aux écoles Manarapenitra. Ce marché, attribué sous l'égide du ministère de l'Éducation nationale au cours de l'exercice budgétaire 2020-2021, s'élève à 833 236 600 ariary.
Les charges retenues contre les inculpés sont multiples. Le ministère de la Justice évoque notamment la passation de marchés publics de gré à gré en violation de la législation en vigueur, ainsi que le cumul de plusieurs fonctions par une seule personne. Cette dernière exerçait à la fois les fonctions d'autorité contractante, d'ordonnateur secondaire, de Personne responsable des marchés publics (PRMP), de gestionnaire d'activités et de président de la commission de réception et de paiement, alors même que des responsables distincts avaient déjà été nommés pour chacun de ces postes.
Frauduleux
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
S'y ajoutent des anomalies sur les livraisons. Si le contrat portait sur 18 399 tables-bancs, validées par des procès-verbaux de réception, pour un montant total de 8 327 387 583,99 ariary, seuls 16 558 équipements ont réellement été livrés. Les 1 841 tables-bancs manquants représentent un préjudice de 833 236 600 ariary. La majorité des inculpés ont apposé leur signature sur des procès-verbaux de réception dont le caractère frauduleux aurait été établi. Enfin, des manoeuvres de prête-nom ont été constatées dans la gestion d'entreprises afin d'en dissimuler les véritables propriétaires.
Au total, neuf personnes et trois entreprises sont impliquées dans cette affaire. Seules cinq des mises en cause se sont présentées à l'audience, trois autres ont pris la fuite à l'étranger.
L'ancienne ministre de l'Éducation nationale, Marie Michelle Sahondrarimalala, figurerait parmi les personnes mises en cause dans cette affaire. Selon toujours ce communiqué du ministère de la Justice, l'enquête devrait aussi déterminer l'implication de l'ancien président de la République et de l'un de ses proches parents dans l'affaire. Le PAC n'est pas habilité à poursuivre ni à juger ces personnalités, en raison de leur privilège de juridiction. L'affaire concernant Marie Michelle Sahondrarimalala est renvoyée devant la Haute Cour de Justice.