La Libye a perdu 6 % de sa surface verte en 25 ans. C'est ce qu'affirme dans une étude la plateforme Global Nature Watch, qui publie des données sur les forêts et les espaces verts à travers le monde. Dans un récent rapport, ce site affirme qu'entre les années 2000 et 2025, la Libye a perdu 390 hectares de sa couverture boisée qui ne compte que 2 000 hectares au total. Une grande perte dans un pays classé désertique à 95 % de sa superficie et où la température en été avoisine ou dépasse les 40°C dans certaines villes.
Paradoxalement, c'est la plus belle région de la Libye et la plus verte, Al Jabal Al Akhdar, qui se place, selon l'étude, en tête des régions déboisées en Libye durant ces 25 dernières années. Cette région a perdu 65 % de sa couverture arborée, l'équivalent de 250 hectares, ce qui représente les deux tiers de la superficie de l'espace vert du pays.
Cette région est suivie en seconde position par la région fertile et très cultivée d'Al Marj qui a perdu 43 hectares de son espace vert. Quant à la région de Darnah, elle se classe en troisième position. Toutes ces régions sont situées à l'est de la Libye.
L'activité humaine, première responsable
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Rien qu'en 2025, environ 36 hectares de forêts naturelles ont été érodés, indique l'étude, alors que les experts pointent plusieurs responsables de cette situation : l'absence de stratégies globales pour réduire la dégradation continue des espaces verts, le feu qui a ravagé des milliers d'hectares et le manque de moyens pour lutter contre les incendies.
Ils soulignent que plus de la moitié de la perte de végétation enregistrée est directement attribuable aux activités de déforestation et à l'étalement urbain ainsi qu'à l'activité humaine non régulée, qui entravent la capacité de la nature à se régénérer.
Par ailleurs, la Libye souffre actuellement de sécheresses fréquentes et de graves pénuries de ressources en eau, ce qui expose les zones côtières et montagneuses à la menace d'une désertification rampante.
De plus, le pays vit depuis 2011 dans un chaos politique et sécuritaire. Les coupures drastiques d'eau et d'électricité, ainsi que la dépréciation de la monnaie libyenne, le dinar libyen, n'encouragent pas les habitants à s'occuper de l'environnement. Quelques associations s'activent et reboisent, mais leur action reste minime face à ce grand défi.