Tripoli — Deux attaques survenues au cours des dernières 24 heures dans les deux zones qui divisent politiquement la Libye font monter la tension dans ce pays d'Afrique du Nord.
En Tripolitaine, des explosions et un incendie ont été signalés dans un réservoir de carburant au sein de la raffinerie de Zawiya, située à environ 40 kilomètres à l'ouest de Tripoli. L'installation a une capacité de traitement d'environ 120 000 barils par jour et est reliée au gigantesque gisement pétrolier de Sharara, l'un des principaux centres de production de la Libye.
Un réservoir de stockage d'essence de la raffinerie a explosé après avoir été directement pris pour cible. Il s'agit de la troisième attaque par drone en quelques jours contre cette infrastructure. Aucun groupe armé n'a pour l'instant revendiqué la responsabilité de ces attaques.
La compagnie pétrolière nationale, la National Oil Corporation (NOC), a déclaré l'état d'urgence maximale au complexe pétrolier de Zawiya.
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Dans l'est du pays, en Cyrénaïque, le chef des renseignements militaires, le général de division Fawzi al-Mansouri, a été tué hier soir, le 10 août, par une bombe placée sous sa voiture. L'attentat a eu lieu après que le général eut assisté à la prière à la mosquée Sayyida Aisha, à al-Hawari, une zone fortement surveillée par les forces de sécurité. Là encore, aucun groupe n'a pour l'instant revendiqué la responsabilité de l'attentat.
Le général al-Mansouri, ancien commandant de la zone militaire de Sebha, dirigeait les services de renseignement militaire depuis mai 2024 et était un proche collaborateur du général Khalifa Haftar, qui contrôle la Cyrénaïque.
La Libye est de fait divisée politiquement entre l'ouest tripolitain et l'est cyrénaïque. En Tripolitaine, le Gouvernement d'unité nationale (GNU), dirigé par le Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah, en fonction depuis 2021 et reconnu internationalement, contrôle la capitale et une grande partie de l'ouest du pays. Le gouvernement doit toutefois faire face aux pressions des milices locales, dont la brigade Al-Samoud, ainsi qu'aux manifestations liées à la crise des services publics, aux coupures d'électricité et à la gestion des revenus pétroliers.
En Cyrénaïque, en revanche, opèrent les Forces armées arabes libyennes (LAAF/LNA) du maréchal Khalifa Haftar, avec son fils Saddam Haftar comme commandant en second et figure montante dans la succession. Haftar soutient des institutions parallèles, notamment la Chambre des représentants (HoR) et le Gouvernement de stabilité nationale, et contrôle l'est et une grande partie du sud du pays.