Tchad: L'accord de Doha, ou quatre ans cauchemardesques et d'illusions

Le quatrième anniversaire de la signature de l'Accord de Doha reste toujours un long fleuve agité. Loin de s'ériger comme une réussite politique. Compte tenu de la situation du pays et de ses conséquences, les accords de 2022 de Doha révèlent encore les stigmates d'un fiasco tchado- qatari.

Doha 2022 s'était avéré un tango rude, une arête coincée sous la gorge des principaux belligérants. Un véritable panier à crabes à haute voltige. Les lignes de frictions depuis l'ouverture des négociations à Doha de 2022 sont loin de s'aplanir. ºDepuis le retrait des discussions de Dr Mutlaq Al Qahtani, le « Monsieur médiation » du Qatar dans les Grands conflits internationaux, Doha a tourné en illisions et quatre ans de minerve cauchemardesque.

Les Accords de Doha, sempiternel supplice

Il est frappant de voir certains de ceux qui ont signé l'accord, issus des mouvements politiques et militaires, sortir d'un silence qui a duré quatre ans, pour nous parler de l'Accord de Doha et de ses résultats, et de l'échec du régime à mettre en oeuvre ce qui avait été convenu. Mais la question est : où était cette position durant ces quatre dernières années ?

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Beaucoup de ceux qui brandissent aujourd'hui les slogans de Doha faisaient partie de l'accord, et certains d'entre eux ont bénéficié durant cette période des postes, des avantages et des arrangements issus de l'accord, ou ont choisi le silence et la coexistence avec cette réalité. Aujourd'hui, après que les intérêts qui y étaient liés ont pris fin ou diminué, on recommence à parler de l'échec de l'accord et de la non-application de ses résultats.

Agenda politique caché de Ndjaména

Ce qui s'est passé n'avait rien de surprenant. Dès le début du processus de Doha, il était clair que le régime entrait dans le dialogue avec un agenda politique, des propositions et un plan déjà prêts. Les intérêts politiques ont primé sur l'intérêt national, et un accord a été signé qui ne reflétait ni les aspirations du peuple tchadien, ni l'ampleur de la crise que traversait le pays.

Ainsi, la responsabilité de l'issue ne repose pas uniquement sur une seule partie, à savoir le gouvernement, mais incombe également à la décision de signer prise par les mouvements sans étude suffisante, sans mesurer les risques, et en choisissant ensuite l'intérêt privé au détriment de l'intérêt général.

Le peuple tchadien fondait de grands espoirs sur le processus de Doha pour sortir des crises politiques, sécuritaires et économiques accumulées que le pays subit depuis l'indépendance. Cette étape était une opportunité historique, d'autant plus avec les partenaires internationaux, les pressions et l'attention, qui auraient pu être mieux exploités afin de parvenir à un véritable règlement politique qui mette fin au cycle de crises et de conflits et ouvre la voie à un État plus stable et plus juste.

Mais les opportunités historiques ne se répètent pas toujours, et lorsque les calculs personnels et les intérêts immédiats ont pris le dessus sur l'intérêt national, le résultat a été la perte d'une opportunité et le peuple a payé le prix de décisions politiques irréfléchies.

Auto- évaluation du régime, un impératif

Par conséquent, la commémoration de l'Accord de Doha ne devrait pas être une occasion de se vanter ou de reproduire le même discours, mais plutôt une occasion d'auto-évaluation honnête, de rendre compte des choix faits, d'en tirer des leçons et de définir clairement les responsabilités.

Quant au peuple tchadien, il a payé et continue de payer le prix des crises politiques accumulées, et il n'est pas juste de prononcer des discours de célébration des résultats d'un accord qui n'a pas apporté la sécurité, la stabilité, la justice et la véritable transition politique qu'il attendait.

Cheap Ali Shehad a participé aux négociations de Doha et n'a pas signé l'accord pour des raisons et des justifications liées au processus politique et à l'intérêt du pays.

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