Congo-Kinshasa: Au pays - La protection des peuples autochtones Pygmées au coeur de la Journée Internationale 2026

À l'occasion de la Journée internationale des peuples autochtones (JIPA), célébrée ce 9 août 2026, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme (BCNUDH) tire la sonnette d'alarme sur l'urgence de passer des textes de loi à une protection réelle sur le terrain, tout en rendant un hommage vibrant aux sages-femmes autochtones.

Sous le thème mondial « Rendre hommage aux sages-femmes autochtones : préserver la vie et le bien-être », la République démocratique du Congo marque cette année une étape charnière dans la reconnaissance des droits des peuples autochtones Pygmées. Dans un communiqué officiel publié ce jour, le BCNUDH a réaffirmé son engagement indéfectible aux côtés des autorités congolaises et de la société civile pour la dignité de ces communautés souvent marginalisées.

Les sages-femmes, gardiennes de la vie et de la culture

L'édition 2026 met un coup de projecteur sur une figure centrale mais souvent invisible : la sage-femme autochtone. Au-delà de l'assistance médicale lors des accouchements, ces femmes sont les dépositaires d'un patrimoine ancestral unique.

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Selon le BCNUDH, elles jouent un rôle « incontournable » dans la santé communautaire en assurant le suivi des femmes enceintes et des nouveau-nés dans des zones souvent enclavées. Leur savoir, qui mêle pharmacopée traditionnelle et accompagnement spirituel, est aujourd'hui reconnu comme un pilier de la survie culturelle des peuples Pygmées.

Un cadre légal historique qui attend son application

L'ombre au tableau reste l'application effective de la législation. Le BCNUDH a rappelé l'importance historique de la **Loi n° 22/030 du 15 juillet 2022**, premier texte législatif en RDC spécifiquement dédié à la protection et à la promotion des droits des peuples autochtones Pygmées.

Quatre ans après sa promulgation, le constat est nuancé. Si la volonté politique a été saluée, le Bureau onusien souligne l'urgence d'accélérer la mise en oeuvre de cette loi. Pour ce faire, trois leviers sont identifiés :

  1. L'adoption des mesures d'application (décrets et arrêtés) pour rendre la loi opérationnelle.
  2. L'allocation de ressources budgétaires adéquates.
  3. Le renforcement des capacités des institutions chargées de veiller au respect de ces droits.

Des défis persistants : terre, justice et exploitation

Malgré les avancées législatives, les peuples autochtones Pygmées continuent de faire face à des discriminations systémiques. L'accès à la terre et aux ressources naturelles demeure le principal point de friction. Le communiqué souligne que les activités extractives, les projets d'exploitation forestière et même certaines initiatives de conservation de la biodiversité continuent d'avoir des « répercussions importantes » sur leurs modes de vie traditionnels.

Le BCNUDH a également pointé du doigt les difficultés d'accès à la justice, à l'éducation et l'absence fréquente de documents d'état civil, ce qui entrave leur participation à la vie politique du pays.

Un appel au secteur privé et à la solidarité mondiale

Dans une démarche pragmatique, les Nations Unies encouragent les entreprises opérant en RDC à intégrer les « Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme ». Cela passe par la réalisation systématique d'évaluations d'impacts sur les droits humains (EIDH) et le respect scrupuleux du principe de Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) avant tout projet sur leurs terres.

Enfin, s'inscrivant dans la lignée de l'Alliance mondiale pour les droits humains lancée en juin dernier par le Haut-Commissariat des Nations Unies, le BCNUDH appelle à un sursaut national. L'objectif est clair : construire une société congolaise plus juste et inclusive, où la dignité humaine des peuples autochtones n'est plus une option, mais une réalité protégée par l'État.

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