Afrique: Les CDC-Afrique et l'OMS appellent à une action urgente, menée par la communauté, pour endiguer l'épidémie de maladie d'Ebola en RDC

communiqué de presse

Les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies (CDC-Afrique) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) appellent à un renforcement urgent de la riposte communautaire face à la maladie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), notamment par une détection précoce plus efficace, un suivi plus rigoureux des contacts, un meilleur accès aux soins, un soutien accru aux agentes et agents de santé en première ligne et un acheminement plus rapide des ressources vers les communautés touchées.

Cet appel fait suite à une mission conjointe de haut niveau menée les 4 et 5 août en Ouganda et en RDC, qui a tiré des enseignements de l'endiguement réussi de la transmission locale par l'Ouganda, a évalué les défis opérationnels à Bunia et a permis d'intégrer les priorités des communautés et des intervenantes et intervenants de première ligne dans les discussions de haut niveau avec les gouvernements à Kinshasa. La mission était dirigée par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS, Son Excellence le Dr Jean Kaseya, Directeur général des CDC-Afrique, et le Dr Mohamed Janabi, Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique.

Lors de visites à Kampala, Bunia et Kinshasa, les membres de la délégation ont rencontré les autorités nationales et provinciales, les coordinatrices et coordinateurs de la réponse, les agentes et agents de santé, les représentantes et représentants communautaires ainsi que les partenaires. La mission a évalué les progrès, recensé les lacunes opérationnelles critiques et transmis directement aux instances dirigeantes nationales les préoccupations des communautés et des équipes de première ligne concernées.

L'exemple de l'Ouganda montre que l'endiguement est possible

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À Kampala, la délégation a échangé avec les autorités nationales et les équipes d'intervention à la suite de la déclaration de la fin de l'épidémie par l'Ouganda le 28 juillet 2026.

L'Ouganda a enregistré 20 cas confirmés et deux décès. Tous les contacts précédemment inscrits sur les listes ont fait l'objet d'un suivi.

Les CDC-Afrique et l'OMS ont salué le leadership de l'Ouganda ainsi que le travail effectué par les agentes et agents de santé, les communautés et les partenaires. L'expérience de ce pays a démontré l'importance d'une détection précoce, d'une recherche rapide des contacts, d'une action nationale coordonnée, d'un engagement communautaire de confiance et d'une surveillance aux frontières renforcée.

Ces organisations ont souligné qu'il fallait maintenir l'état de préparation. La poursuite de la transmission en RDC signifie que les pays voisins restent exposés et doivent maintenir la surveillance, la capacité de réaction des laboratoires et la coordination transfrontalière.

Les communautés au centre à Bunia

La délégation s'est ensuite rendue à Bunia, dans la province de l'Ituri, l'épicentre de l'épidémie.

Elle a rencontré les autorités provinciales, les équipes d'intervention nationales et provinciales, les agentes et agents de santé de première ligne, les représentantes et représentants communautaires et les partenaires qui soutiennent la riposte. La délégation s'est également rendue au Centre de traitement Ebola de Rwangole et évalué sa capacité à élargir l'accès en temps opportun à des soins de qualité.

Cette visite sur le terrain a confirmé une conclusion essentielle de la mission : c'est aux communautés qu'il reviendra d'endiguer et d'arrêter l'épidémie.

Les populations doivent recevoir des informations claires de la part de voix qu'elles connaissent et en qui elles ont confiance. Elles doivent être capables de reconnaître les symptômes, de signaler les alertes rapidement et d'aller se faire soigner sans crainte. Les communautés doivent être directement associées à la surveillance, à l'orientation vers des soins, au traitement, à l'organisation d'enterrements dignes et sécurisés, ainsi qu'aux décisions qui concernent leurs familles.

Les responsables communautaires et religieux ainsi que les leaders de mouvements de femmes et de jeunes jouent un rôle essentiel pour instaurer la confiance, répondre aux préoccupations et veiller à ce que les mesures mises en oeuvre tiennent compte des réalités locales.

La délégation a salué le courage des communautés et des agentes et agents de santé qui opèrent dans des conditions extrêmement difficiles, du fait notamment de l'insécurité, des déplacements de population, d'un réseau routier limité, de la mésinformation et des fortes pressions qui s'exercent sur les services de santé.

Elle a également pu constater directement les obstacles qui ralentissaient la riposte, notamment les retards de dépistage, l'accès limité aux soins, la résistance à certaines mesures de riposte, les pénuries de fournitures essentielles et le manque de soutien aux équipes de première ligne.

La province de l'Ituri concentre près de 90 % des cas confirmés en RDC, Bunia, Rwampara et Mongbwalu faisant partie des zones de santé les plus touchées.

Les opérations de riposte doivent suivre le rythme de la transmission

Au 4 août 2026, la RDC avait signalé 3973 cas confirmés, 1801 décès et 776 guérisons dans 51 zones de santé de cinq provinces.

Au cours de la dernière période de 24 heures, le pays a enregistré 99 nouveaux cas confirmés et 52 décès.

Le suivi des contacts était de 75 %, soit en dessous de l'objectif opérationnel d'au moins 95 % nécessaire pour identifier rapidement les chaînes de transmission et garantir la détection de nouveaux cas parmi les contacts connus.

Au total, 674 personnes étaient prises en charge. Le taux d'occupation des centres de traitement dans la province du Nord-Kivu était de 139 %, générant une forte pression sur les lits disponibles, le personnel de santé et les opérations d'intervention.

Les CDC-Afrique et l'OMS ont appelé à une action immédiate visant à :

  • repérer les cas plus tôt et porter le suivi quotidien des contacts à au moins 95 % ;
  • rapprocher les services de dépistage, d'orientation, d'isolement et de traitement des communautés concernées ;
  • élargir d'urgence les capacités de traitement, de laboratoire, des services d'ambulance et d'inhumation sans risque et dans la dignité ;
  • protéger, équiper, soutenir et payer dans les temps les agentes et agents de santé de première ligne ;
  • renforcer la lutte anti-infectieuse dans les établissements de santé ;
  • maintenir les services de santé essentiels pour les communautés concernées ;
  • améliorer la sécurité de l'accès aux zones touchées par l'insécurité et l'insuffisance des infrastructures ;
  • collaborer avec des leaders communautaires de confiance à chaque étape de la riposte ;
  • maintenir la surveillance transfrontalière et la préparation régionale ; et
  • veiller à ce que les engagements financiers atteignent les opérations de première ligne sans délai.

Les informations obtenues sur le terrain sont portées à la connaissance des autorités nationales à Kinshasa

La mission s'est conclue à Kinshasa par des réunions avec le Président de la République et des membres du gouvernement.

Le Dr Tedros, le Dr Kaseya et le Dr Janabi ont discuté des informations obtenues à Kampala et Bunia avec les autorités nationales et leurs partenaires.

Les discussions se sont concentrées sur le leadership du gouvernement, le renforcement de la coordination opérationnelle, la mobilisation communautaire, le soutien aux agentes et agents de santé, l'accès aux zones touchées, la continuité des services de santé essentiels et le déploiement rapide de capacités et de financements supplémentaires.

Les responsables ont réaffirmé leur soutien à une réponse dirigée par le gouvernement et coordonnée au niveau national réunissant les autorités nationales et provinciales, les CDC-Afrique, l'OMS, les partenaires du secteur de l'action humanitaire et du développement, les agentes et agents de santé, ainsi que les communautés.

« Dans certaines zones de l'est de la RDC, l'épidémie de maladie d'Ebola progresse plus vite que notre riposte. Il est donc impératif que nous intensifiions rapidement tous les efforts pour l'endiguer », a déclaré le Dr Tedros. « Nous sommes solidaires du gouvernement, des communautés concernées et des agentes et agents de santé qui interviennent avec courage dans des circonstances de difficulté exceptionnelle. Mais cela doit s'accompagner d'un engagement durable, de ressources accrues et d'un appui international plus fort. Ensemble, nous devons permettre aux intervenantes et intervenants d'accéder en toute sécurité, protéger les populations civiles et les agentes et agents de santé, et mobiliser le soutien nécessaire pour mettre fin à cette épidémie et sauver des vies. »

« C'est aux communautés qu'il reviendra d'endiguer, puis d'éradiquer définitivement cette épidémie », a déclaré le Dr Jean Kaseya, Directeur général des CDC-Afrique. « Lorsque les gens disposent d'informations fiables, qu'ils peuvent signaler leurs symptômes dès leur apparition et aller se faire soigner sans crainte, il est possible de briser toutes les chaînes de transmission. Notre responsabilité est de rapprocher les interventions des communautés et d'apporter aux équipes de première ligne le soutien dont elles ont besoin. »

Les CDC-Afrique et l'OMS ont réaffirmé leur volonté d'appuyer le gouvernement de la RDC et les communautés concernées par une réponse coordonnée.

Les deux organisations continueront de déployer leur expertise technique, de renforcer la préparation régionale et de mobiliser les ressources nécessaires pour interrompre la transmission et protéger des vies.

Les CDC-Afrique et l'OMS continuent de déconseiller d'imposer inutilement des restrictions aux voyages et au commerce. Les pays devraient plutôt renforcer la surveillance, les capacités de laboratoire, la préparation et la coordination transfrontalière.

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