Afrique de l'Est: Les paramilitaires reprennent une ville dans le Nil bleu à la frontière avec l'Éthiopie

Les paramilitaires des Forces de soutien rapide ont annoncé ce mercredi 12 août avoir pris le contrôle de la ville de Geissan, dans l'État du Nil bleu au sud-est du Soudan, à la frontière avec l'Éthiopie.

L'attaque des FSR a été précédée par des frappes de drones et des tirs à l'artillerie lourde mardi. Les forces sont venues depuis l'Éthiopie. L'armée soudanaise occupe actuellement d'autres localités au Nil bleu et cela depuis juin dernier. Après le revers essuyé au Kordofan et au Darfour, les paramilitaires cherchent à reprendre l'initiative au Nil Bleu.

Ce n'est pas la première fois que l'armée soudanaise dénonce l'arrivée des combattants des FSR et de leurs alliés depuis le territoire éthiopien. C'est un scénario qui s'est reproduit en février et en juin dernier. Selon des preuves concordantes, les FSR et les forces d'Abdelaziz el Helou, dirigées par Josephe Toka, s'entraînent dans un camp à Benishangul, en Éthiopie. Ce camp leur sert de base de repli pour réorganiser leurs forces. Selon des preuves précises et concordantes depuis le début de l'année, l'Éthiopie achemine également, comme la Libye et le Tchad, l'aide militaire émiratie aux paramilitaires soudanais à travers l'aéroport d'Asosa. Mais Addis-Abeba nie toujours son implication.

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Les FSR affirment avoir totalement pris Geissan, et leurs combattants ont pris des photos et des vidéos devant le centre médical situé au coeur de la ville et les ont postées sur les réseaux sociaux. Ils montrent également des dépôts d'armes appartenant à l'armée et qui sont désormais en leur possession. L'armée indique cependant que les combats continuent et que la base militaire occupée par la division 13 infanterie est toujours en sa possession. L'armée pilonne moyennant des drones turcs les positions des FSR dans la ville. Selon l'OIM, les affrontements violents ont fait fuir 2 500 personnes, dont 500 familles. Certaines ont subi des exactions. Des civils ont traversé la frontière vers l'Éthiopie, selon l'OIM.

Pillage de la récolte

Geissan subissait en effet des attaques depuis février dernier, mais les paramilitaires n'avaient pas réussi à s'en emparer, même lorsqu'ils avaient pris Kurmuk à 60 kilomètres de là.

Selon le gouvernement de Geissan, l'attaque a eu lieu lors de la saison des moissons, toute la récolte a été pillée par les paramilitaires. Le marché central a également été pillé, ce qui constitue, selon le gouvernement local, un « crime extrême ».

Située à quelques 180 kilomètres de Damazin, capitale du Nil bleu, Geissan occupe une position stratégique sur les lignes de ravitaillement au sud du Nil bleu. Elle est également proche du barrage de Roseires. Son contrôle par les FSR accroit leur influence dans cette zone frontalière.

Dimensions régionales

Selon plusieurs observateurs, ouvrir le front du Nil bleu, en ce moment précis, tout comme l'attaque de drones contre Khartoum et d'autres villes au nord après des mois d'accalmie, vise à déstabiliser l'armée et à détourner son attention alors qu'elle réalise des avancées au Kordofan et au Darfour. Cela vise également à minimiser les pertes des FSR sur les autres fronts. Par ailleurs, disposer d'une base arrière en Éthiopie permet aux FSR de se réorganiser. L'Éthiopie, selon Khartoum, facilite le transport d'aide militaire aux FSR depuis Abou Dhabi. De son côté, Addis-Abeba accuse l'armée soudanaise de soutenir le Front populaire de libération du Tigré (FPLT).

Une nouvelle défection dans les rangs des FSR a eu lieu ce mercredi lorsqu'Ahmad Mohamad Hamed, nommé par le Conseil présidentiel des FSR, a annoncé sa désertion en direct sur une chaîne de télévision saoudienne.

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