Au Kenya, la présence de soldats britanniques près de Nanyuki dans le centre du Kenya continue de faire débat. Londres y a un camp d'entraînement militaire, la BATUK. Plus de 1 000 soldats britanniques viennent chaque année y passer quelques semaines pour s'entraîner. Mais ces troupes ont été accusées à multiples reprises de violations de droits humains : blessures et décès à cause de munitions non explosées, viols et agressions sexuelles ou encore abandons d'enfants. Alors que l'accord avec Nairobi doit être renouvelé, les victimes kényanes demandent à ne pas être oubliées.
Plusieurs victimes présumées d'abus impliquant des soldats britanniques se sont retrouvées mercredi 12 août pour déposer leurs doléances au Parlement kényan. Avant tout renouvellement de l'accord entre Nairobi et Londres, elles demandent justice et compensation.
Nasibo Jillo milite pour les enfants laissés sans soutien ou accès à leurs pères, anciens membres de la BATUK, comme son fils de 9 ans. « Les Britanniques ont laissé leurs enfants au Kenya, ils ne subviennent à aucun de leurs besoins fondamentaux, ne fournissent absolument rien. Nous voulons que nos enfants soient reconnus, qu'ils aient accès à certains droits fondamentaux, à la prise en charge de leurs besoins essentiels, au droit à l'éducation et à une couverture médicale », plaide-t-elle.
« Nous voulons des actions »
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Des victimes, mais aussi certains députés réclament plus de garanties pour que les soldats britanniques soient contraints de répondre de leurs actes devant la justice kényane, notamment en cas de meurtre. Le cas d'Agnes Wanjiru a marqué les esprits. Soupçonnée d'avoir été tuée par un soldat britannique en 2012.
Sa nièce, Esther Njoki, se bat toujours pour obtenir justice. « La BATUK ne devrait pas être présente ici tant que toutes les victimes de ces atrocités n'auront pas obtenu justice. Nous voulons des actions, déclare-t-elle. Nous voulons voir davantage de redditions de comptes pour enfin obtenir justice car certaines victimes attendent depuis bien trop longtemps. »
Face aux accusations, Londres a déclaré fin 2025 « prendre des mesures » pour y répondre. Un paiement de près de 3 millions de livres sterling a notamment été annoncé pour dédommager plus de 7 000 personnes à la suite d'un incendie survenu lors d'un entraînement de la BATUK.