Cameroun/Maroc: Michaely Bihina, l'« araignée noire » qui a éliminé le Maroc à domicile

9 arrêts face au Nigeria, 1 penalty arrêté, 3 tirs au but repoussés : Michaely Bihina est l'héroïne de la qualification camerounaise pour la finale de la CAN 2026.

Le Maroc était à un doigt de la finale. Il restait trois minutes. Puis Michaely Bihina est entrée dans la légende.

Auteure de 9 arrêts face au Nigeria en quarts de finale, puis d'un penalty arrêté en prolongation et de trois tirs au but repoussés face au Maroc en demi-finale, Michaely Bihina a été l'architecte de la qualification historique du Cameroun pour la finale de la CAN féminine 2026. À 22 ans, la gardienne de Benfica est devenue le symbole d'une résurrection : celle d'une équipe repêchée in extremis qui élimine le champion d'Afrique, puis le pays hôte, pour s'offrir un titre inédit contre le Malawi.

Une étoile née de l'ombre

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Il y a encore quelques semaines, Michaely Bihina était une relative inconnue du football africain. À 22 ans, la gardienne du Benfica Lisbonne était pourtant déjà une promesse du football camerounais. Mais personne ne l'attendait à ce niveau-là.

Le Cameroun, lui, n'était même pas convié à cette CAN. Repêché via le ranking FIFA après l'élargissement de la compétition, l'équipe de Valentine Nguele n'avait que deux mois pour se préparer. Personne ne croyait en elle.

Puis Bihina s'est levée.

9 arrets contre le nigeria  : L'exploit qui a tout changé

En quarts de finale, le Cameroun affrontait le Nigeria. Champion d'Afrique en titre. Dix fois vainqueur de la compétition. Une bête noire qui n'avait plus perdu contre le Cameroun en compétition officielle depuis treize ans.

Myriam Nyadjou ouvre le score d'un coup franc magistral dès la 20e minute. Mais le vrai combat se joue devant le but camerounais.

Pendant plus de 70 minutes, le Nigeria multiplie les assauts : 19 tirs, dont 9 cadrés. Des corners. Des occasions franches. Mais Bihina est partout.

9 arrêts sur sa ligne. Dont une parade spectaculaire à une main sur une tête d'Uchenna Kanu. 2,93 buts empêchés. 3 sorties aériennes réussies sur 4. Une note de 9,6 sur Flashscore. La gardienne est élue « Femme du match ».

Au coup de sifflet final, ses coéquipières la portent en triomphe. Bihina fond en larmes. « C'est un sentiment de fierté », confiera-t-elle plus tard.

Le Cameroun est en demi-finale. Et qualifié pour la Coupe du monde 2027 au Brésil.

Le penalty arrêté : Le tournant d'une demi-finale

Rabat, mercredi 12 août. Le stade Moulay El Hassan est en fusion. Le Maroc, finaliste des deux dernières éditions à domicile, veut sa troisième finale consécutive.

Le match est un supplice pour le Cameroun. Le Maroc domine la possession (68 %). Bihina est sollicitée dès la 2e minute, puis tout au long du match. Mais le score reste 0-0. Prolongation.

Il reste trois minutes. Trois minutes de la fin de la prolongation.

L'arbitre accorde un penalty au Maroc. Le stade hurle. La finale est à un doigt des Lionnes de l'Atlas. C'est l'un des moments les plus cruels du sport : offrir une finale sur un penalty à la dernière minute.

Bihina reste immobile. Elle fixe la tireuse. Elle a déjà arrêté un penalty dans ce tournoi. Elle sait ce qu'elle doit faire.

La tireuse marocaine s'élance. Bihina plonge. Elle repousse la tentative.

Le Maroc est anéanti. La prolongation s'achève. On va aux tirs au but.

3 tirs au but arrêtés : La séance de légende 

La séance de tirs au but est une loterie. Mais Bihina ne joue pas au hasard.

Elle arrête trois tentatives marocaines. Trois. Sur quatre tirs marocains. Une performance qui fera date dans l'histoire de la CAN féminine.

Le Cameroun s'impose 4-1 aux tirs au but. Les Lionnes Indomptables sont en finale.

Les statistiques de Bihina sur ces deux matches de phase finale sont hallucinantes :

  • 9 arrêts contre le Nigeria (quarts de finale)
  • 1 penalty arrêté en prolongation contre le Maroc
  • 3 arrêts lors de la séance de tirs au but contre le Maroc

13 arrêts décisifs en deux matches. Une finale. Une légende en train de s'écrire.

« Araignée noire » : La comparaison avec Thomas Nkono

Sur les réseaux sociaux, la comparaison avec Thomas Nkono, le légendaire gardien des Lions Indomptables des années 1980-1990, est inévitable. On l'appelle déjà l'« Araignée noire » un surnom que Nkono portait lui-même. Comme lui, elle semble avoir des bras qui poussent là où on ne les attend pas. Comme lui, elle inspire la peur chez les attaquantes adverses.

L'ancien gardien de l'Espanyol Barcelone et du Cameroun était un mur. Bihina est en train de devenir le sien.

Le site ESPN ne s'y trompe pas : « Move over, Vozinha! Cameroon's Michaely Bihina is Africa's new goalkeeping star ». La performance de la gardienne camerounaise face au Nigeria est qualifiée de « plus grande performance de gardien de but d'Afrique en 2026 ».

Une finale inédite contre le Malawi

Le 16 août, le Cameroun affrontera le Malawi en finale. Une affiche inédite. Aucune des deux équipes n'a jamais remporté la CAN. Le Malawi, pour sa première participation, a déjà créé la sensation en éliminant le Ghana puis l'Algérie.

Pour le Cameroun, c'est l'occasion de décrocher un deuxième titre continental après 2016. Et de couronner le parcours le plus improbable de l'histoire de la compétition.

Bihina sera encore là. Devant ses cages. Prête à arrêter l'histoire.

« On a décidé de changer l'histoire », a-t-elle déclaré à ESPN avant le match. Mission accomplie.

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