Angola: Le pays propose une réunion sur le financement de la raffinerie de Lobito

Luanda — L'Angola a proposé, mercredi à Durban, en Afrique du Sud, la tenue dans la province de Benguela d'une réunion des pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), afin de susciter l'intérêt régional pour le financement de la raffinerie de Lobito.

L'information a été donnée par le ministre des Relations extérieures, Téte António, en marge de la session ordinaire du Conseil des ministres de la SADC, qui se tient à Durban.

Selon le chef de la diplomatie angolaise, cette rencontre vise à mobiliser des financements régionaux en faveur de la raffinerie de Lobito, afin de renforcer l'indépendance énergétique de l'Afrique australe.

Il a précisé que l'initiative découle des recommandations formulées lors de la première retraite des ministres de la SADC, tenue en Afrique du Sud à l'initiative de l'Angola, consacrée à l'analyse de l'impact de la conjoncture internationale actuelle sur la région.

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Dans le domaine de l'indépendance énergétique, Téte António a indiqué que l'Angola avait invité les pays de la SADC à manifester leur intérêt pour le financement de la raffinerie de Lobito, une proposition qui a reçu un accueil favorable au niveau régional.

À la suite de cette proposition, a-t-il ajouté, un travail conjoint est en cours entre l'Angola et le Secrétariat de la SADC, avec la participation des ministères des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz, ainsi que de l'Énergie et de l'Eau, en vue de l'organisation d'une réunion à Lobito.

L'initiative vise à renforcer les capacités de la région et à contribuer à son indépendance énergétique, à travers un projet considéré comme stratégique pour l'Angola et pour l'intégration économique de l'Afrique australe.

Téte António a également expliqué que le rapport de la retraite avait été examiné par le Conseil des ministres, en vue de formaliser les décisions prises et de les transmettre ultérieurement aux instances compétentes de l'organisation.

La raffinerie de Lobito, dans la province de Benguela, devrait commencer à produire des dérivés pétroliers en décembre 2027, après l'achèvement des unités prioritaires, suivi de la phase de mise en service et des essais correspondants.

D'une capacité projetée de 200.000 barils de brut par jour, l'installation figure parmi les principaux projets structurants de l'Angola dans le secteur énergétique et est placée sous la conduite de Sonangol.

Implantée sur une superficie d'environ 3 800 hectares, la raffinerie est conçue pour traiter du brut moyen et léger et produire des dérivés destinés, dans un premier temps, à l'approvisionnement du marché national, avec la possibilité de répondre également aux besoins des pays de la région.

La mise en service de la raffinerie de Lobito devrait contribuer à réduire la dépendance de l'Angola à l'égard des importations de produits pétroliers raffinés, à renforcer la sécurité énergétique nationale et à créer les conditions permettant au pays de s'affirmer comme l'un des principaux pôles énergétiques de l'Afrique australe.

Sa localisation à proximité du corridor de Lobito confère également au projet une dimension régionale, en favorisant la création de conditions propices à l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés de la SADC et des pays voisins.

Le corridor de Lobito à l'ordre du jour de la SADC

Téte António a également annoncé l'inscription du corridor de Lobito à l'ordre du jour de la SADC, dans le cadre des projets d'intégration et de connectivité régionales.

Le ministre a indiqué que le corridor devait être examiné en articulation avec d'autres corridors de développement de la région, notamment le corridor Nord-Sud, afin de renforcer les liaisons entre les États membres.

« Il s'agit d'un projet concret, notamment en matière de connectivité régionale, à travers les corridors de développement, le corridor Nord-Sud et, bien entendu, notre propre corridor de Lobito, qui figure désormais à l'ordre du jour de l'organisation comme projet d'intégration régionale », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l'Angola avait également la responsabilité de travailler avec le Secrétariat de la SADC sur la transition et le suivi de ce dossier, afin d'assurer la continuité du processus dans le cadre des mécanismes de l'organisation.

Paix, sécurité et situations d'urgence

Selon Téte António, la réunion, qui se poursuit jusqu'à vendredi, examine également des questions liées à la paix et à la sécurité régionales, ainsi que les situations d'urgence, notamment la crise provoquée par la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.

Le ministre a souligné que la région avait des responsabilités accrues dans la réponse aux défis en matière de paix, de sécurité et de santé auxquels sont confrontés les États membres.

Parmi les dossiers à l'examen figurent la mise en oeuvre du Plan indicatif de développement et d'intégration régionale, le financement des programmes de la SADC, la situation financière de l'organisation et les effets de la conjoncture internationale sur les États membres.

La session ordinaire du Conseil des ministres de la SADC précède la 46e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'organisation, prévue le 17 août en Afrique du Sud.

Les ministres des États membres examinent des questions d'intérêt stratégique pour l'approfondissement de l'intégration régionale et le développement durable de l'Afrique australe, avec un accent particulier sur l'industrialisation, la transformation économique, les infrastructures, l'agriculture et la valorisation des minerais critiques.

La sécurité alimentaire et nutritionnelle, la préparation et la réponse aux situations de catastrophe, ainsi que le renforcement de la résilience des pays de la région face aux défis climatiques et socio-économiques figurent également parmi les priorités de l'ordre du jour.

Dans le domaine de l'intégration régionale, la réunion examine les questions liées à l'énergie, aux transports, au développement des infrastructures et à la connectivité, en vue de renforcer l'intégration économique entre les États membres.

Les ministres se penchent également sur l'impact des évolutions géopolitiques internationales actuelles sur la région, notamment leurs implications pour la paix, la sécurité, la stabilité et le développement de l'Afrique australe.

Un autre point des travaux porte sur le suivi de la mise en oeuvre des décisions de la SADC, ainsi que des programmes et projets régionaux destinés à accélérer le processus d'intégration.

La SADC a été créée le 17 août 1992 à Windhoek, en Namibie, en remplacement de la Conférence de coordination du développement de l'Afrique australe (SADCC), établie en 1980.

L'organisation a pour objectifs de promouvoir le développement économique et social de ses États membres, de réduire la pauvreté, d'approfondir l'intégration régionale et de contribuer à la paix, à la sécurité et à la stabilité en Afrique australe.

Basée à Gaborone, au Botswana, la SADC regroupe 16 États membres et constitue l'un des principaux mécanismes de coopération et d'intégration régionale du continent africain.

L'organisation intervient dans des domaines tels que le commerce et l'investissement, les infrastructures, l'énergie, l'agriculture, la sécurité alimentaire, les transports, l'industrialisation, la gestion des ressources naturelles et le développement humain.

Dans le domaine de la paix et de la sécurité, la SADC dispose de mécanismes régionaux destinés à prévenir, gérer et résoudre les conflits, ainsi qu'à promouvoir la stabilité politique et la consolidation de la démocratie dans ses États membres.

L'Angola est membre de la SADC depuis sa création et participe activement aux processus d'intégration régionale ainsi qu'aux initiatives en matière de paix et de sécurité en Afrique australe.

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