Au Cameroun, le Bome François, un baume médicinal très populaire dont les utilisateurs se comptent par milliers, est au centre d'une vive polémique. À l'origine de celle-ci, il y a un message attribué au Lanacome, Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d'expertise, qui le déclarait impropre à la consommation sur le territoire camerounais. Si le laboratoire se défend d'avoir publié un tel avis, l'Ordre des pharmaciens qui avait déjà dénoncé l'utilisation de ce produit échappant aux contrôles de qualité, estime que le baume demeure un problème de santé publique.
Le baume est décrié, mais ses commerciaux sont présents partout au Cameroun. On les reconnaît à leur tee-shirt ou à leur casquette rouge, et jamais sans leurs baffles qui rabâchent les vertus d'un produit désormais au coeur de la polémique. « Tout ce que vous voyez dans les réseaux sociaux, tout ce que vous avez reçu comme information (pour dire) que le Bome François est impropre à la consommation n'est pas vrai », assure-t-il.
Un message attribué au Lanacome est venu relancer la controverse, affirmant que, malgré les efforts de régulation, les résultats des analyses scientifiques n'ont pas validé le produit fini. Pourtant, au Lanacome, on dément formellement l'authenticité de ce message, comme l'explique Christophe Mvongo, responsable de la communication du laboratoire. « Le laboratoire est un milieu confidentiel dont nous n'avons pas le droit de divulguer une quelconque information », dit-il.
Demande d'interdiction de l'Ordre des pharmaciens
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Le baume faisait déjà l'objet d'une demande d'interdiction de la part de l'Ordre national des pharmaciens. Celui-ci s'insurgeait non seulement contre la vente à la criée, mais surtout contre le fait que le produit se présente comme « naturel » sans répondre aux exigences réglementaires.
« (Il) faut retenir qu'un médicament ne se vend pas dans la rue au Cameroun. Ce produit représente un danger pour les utilisateurs. Où est-ce Bome François s'approvisionne en matières premières dites naturelles ? », questionne le Dr Franck Nana, président de l'Ordre des pharmaciens.
Alors que les responsables de la fabrication du baume affirment avoir amélioré le processus de fabrication, l'Ordre maintient que le produit constitue un danger pour les populations, car il contrevient aux normes en vigueur.