Le port du casque est obligatoire pour tout détenteur d'engin à deux roues depuis janvier 2023. A Ouagadougou la mesure s'impose progressivement dans les habitudes des motocyclistes. Constat dans les rues de la capitale !
Il est 10 heures ce mercredi 12 aout 2026 lorsque Yaméogo enfourche sa moto pour quelques courses en ville. Comme à l'accoutumée, il démarre de chez lui sans casque. Arrivée au niveau des feux tricolores, il est vite stoppé par un coup de sifflet. « Camarade, où est ton casque ? », l'interroge l'agent de police. Pour poursuivre son chemin, il doit obligatoirement disposer d'un casque.
« Comme je n'ai pas l'habitude de faire la vitesse, je n'aime pas porter le casque », explique l'usager qui semble ne rien comprendre, concernant la mesure liée au port du casque. Pour lui, le casque doit être porté lorsque qu'il s'agit de parcourir de longues distances. Abdoul Rahim Tapsoba, un commerçant ambulant, lui aussi est interpelé pour la même infraction. Il confie que le port du casque ne faisait pas partie de ses "hobbys".
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Mais vu que c'est devenu une obligation, il s'est finalement résolu à en acheter. Hormis ces cas isolés, le constat sur le terrain témoigne que le port du casque entre dans les habitudes des Ouagalais. Sept personnes sur dix portent leur casque, pouvait-on dénombrer au niveau du feu tricolore. Séré Mohamed, commerçant de téléphones, affirme porter son casque depuis 2015.
Protéger la vie
Pour lui, rouler sans son casque lui semble inhabituel. « Quand je circule sans me protéger, ça me gêne », martèle-t-il. Il témoigne que son premier casque s'est brisé lors d'un accident au cours duquel il est sorti indemne. Pour lui, les motocyclistes devraient le porter pour leur propre sécurité, sans attendre d'être contraints par les autorités. Bikienga, un autre usager, de la route affirme avoir acheté un nouveau casque ce jour même, suite à un vol dans un parking. Il reconnaît que le port du casque n'est pas toujours facile à supporter.
« Mais, on est obligé parce qu'il protège la vie », lance-t-il. Cette obligation semble cependant profiter aux vendeurs de casques. Salimata Zoeringré officie dans la vente de ces équipements depuis un an. Elle dit constater une évolution positive du marché depuis le renforcement des contrôles. « Il n'y avait pas le marché, mais depuis que les policiers sont sur le terrain, ça va mieux », affirme-t-elle.
Selon elle, les prix des casques varient entre 6 000 F CFA et 20 000 F CFA. Zinsonni Raoul, venu acheter un nouveau casque, estime que les bons modèles vendus entre 12 000 F et 13 000 F CFA restent trop chers pour une grande partie de la population. Il estime qu'il faut une réglementation en la matière. Pascaline Ouédraogo, res-tauratrice, souhaite, elle aussi, que les prix des casques n'excèdent pas 5 000 F CFA pour permettre à tous les usagers d'en disposer.