Des opérations d'assainissement transforment progressivement plusieurs sites de la ville d'Antananarivo. La Commune urbaine se heurte toutefois à certaines résistances.
Le site situé au-dessus du tunnel d'Ambohidahy s'est métamorphosé. Les amoncellements de déchets qui le jonchaient ont disparu. La Commune urbaine d'Antananarivo (CUA) a retiré l'équivalent d'une benne de camion d'ordures lors d'une opération menée hier matin. « C'est redevenu nickel ! Tout a été évacué », s'exclame Claudia R., vendeuse de crédit téléphonique à Ambohidahy. Elle affirme, au passage, qu'aucun nettoyage n'y avait été effectué depuis des années.
Le site de La Réunion Kely, à Ampefiloha, connaît également un changement. L'accès y est nettement plus propre depuis l'opération menée par la CUA. « Nous en avons évacué un volume représentant cinq chargements de camions de déchets », indique Jerry Nirina Andriamasinantoanina, directeur de l'Aménagement urbain de la ville d'Antananarivo.
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Le long d'une rue à Analakely, plusieurs soubiques faisant office de poubelles ont été installées près des étals des marchands de rue. Le secteur est désormais plus propre, avec nettement moins de déchets éparpillés sur la chaussée. Le déploiement de bacs à ordures par la municipalité dans le quartier commence ainsi à modifier les habitudes.
La chaussée a, par ailleurs, été libérée des marchands ambulants dans certaines rues du centre-ville, notamment rue Andrianampoinimerina, devant le Pavillon Analakely. « Ils ont l'interdiction de descendre sur la voie routière et doivent strictement rester sur les trottoirs», explique un agent municipal. Des agents municipaux contrôlent le secteur en permanence et saisissent les marchandises de ceux qui enfreignent cette directive.
Défis considérables
Des bacs à ordures vides sont également observés dans plusieurs quartiers. « Les camions viennent plus souvent ramasser les déchets », témoigne une gardienne de bac à Ambodifilao. Les nids-de-poule ont, par ailleurs, disparu de plusieurs rues principales du centre-ville.
En dépit de ces progrès, les défis d'aménagement urbain restent considérables pour la municipalité d'Antananarivo. Malgré le récent déploiement de poubelles à Analakely, les déchets continuent d'être éparpillés ; certains sont même jetés à leurs abords immédiats. L'insalubrité persiste également, avec des odeurs d'urine et des déjections sur la voie publique, notamment à l'entrée des tunnels d'Ambohidahy et d'Ambohijatovo.
L'occupation illicite de la chaussée par les commerçants ambulants demeure, elle aussi, problématique. À Behoririka, le trafic est réduit à une seule voie, les marchands se réinstallant systématiquement sur la chaussée dès le départ des agents de la CUA. Par ailleurs, la majorité des canaux d'évacuation restent obstrués par des détritus.
Le directeur de l'Aménagement urbain, Jerry Nirina Andriamasinantoanina, hésite à évoquer des transformations majeures de la ville depuis son arrivée à la municipalité. « Il est impossible de projeter une véritable vision d'avenir tant que nous restons bloqués dans l'urgence. Nous passons notre temps à corriger les dysfonctionnements du quotidien. Il faut transformer les choses à la racine », explique-t-il. Il illustre ce constat par les incivilités quotidiennes. « Malgré l'assainissement quotidien de la ville, de fortes odeurs d'urine réapparaissent dès 19 heures », poursuit-il.
L'équipe municipale entend toutefois suivre la feuille de route du président de la délégation spéciale (PDS) d'Antananarivo, axée notamment sur l'embellissement et l'assainissement de la capitale ainsi que sur l'éradication des nids-de-poule. « Des résultats tangibles devraient être visibles d'ici trois mois. L'objectif du PDS est de redonner à la capitale tout son éclat d'ici au mois de décembre», précise Jerry Nirina Andriamasinantoanina.