À Bissau, les autorités de la Transition ont présenté ce 12 août la nouvelle Constitution, qui sera soumise à référendum le 30 août. Présenté par le président du Conseil national de la Transition devant des dirigeants, diplomates et représentants de la société civile, le texte entend « clarifier les équilibres du pouvoir ». Mais dans les faits, il prévoit de remplacer le régime semi-parlementaire par un régime présidentiel fort, renforçant ainsi les pouvoirs du chef de l'État.
Une partie de la classe politique et de la société civile de Guinée-Bissau dénonce un passage en force, car la nouvelle Constitution a été pensée et rédigée par un pouvoir de transition non élu. L'opposition appelle donc à voter « non » lors du référendum du 30 août.
Selon le Conseil national de la Transition, ce nouveau texte « permettra d'éviter les blocages politiques ». C'est ce qu'a expliqué son président Tomás Djassi. Dans les faits, il renforce les pouvoirs du président.
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Celui-ci pourra désormais nommer et révoquer le Premier ministre, sans tenir compte des résultats électoraux ni des forces politiques majoritaires. L'Assemblée nationale n'aura pas son mot à dire et le président pourra la dissoudre en cas de « crise politique profonde ».
Des pouvoirs renforcés pour le président
La nouvelle Constitution donne ainsi au Président un pouvoir considérable sur le gouvernement, puisqu'il pourra le faire tomber si celui-ci échoue à appliquer son programme.
Par ailleurs, le nombre de députés est réduit de près de la moitié : ils passent de 102 à 65. Les plus petits partis pourront également être dissous s'ils obtiennent moins de 4 % des voix aux élections législatives.
Enfin, la nouvelle Constitution ne modifie pas la durée du mandat présidentiel, qui reste fixée à cinq ans, renouvelable une seule fois.
La Guinée-Bissau à la fin de la Transition
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre 2025, veille de l'annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives dans le pays, par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral.
Le général N'Tam, un proche de l'ancien président Embalo, a été désigné pour diriger une transition d'un an. Un référendum sur une réforme constitutionnelle est prévue le 30 août, avant une présidentielle le 6 décembre.
La Communauté des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union africaine avaient, après le coup d'État, suspendu la Guinée-Bissau de leurs instances.