En République démocratique du Congo (RDC), le Conseil national de cyberdéfense est au coeur du procès de l'ancien chef d'état-major général de l'armée, Christian Tshiwewe, et de plusieurs autres généraux, accusés notamment de complot et de violation des consignes. Les avocats de la défense ont clos, jeudi 13 août, devant la Haute Cour militaire, le dépôt de leurs préalables. Durant ces trois dernières audiences, une requête était commune : la mise à l'écart des procès-verbaux établis par le CNC, relevant de la présidence de la République, à l'origine des arrestations massives de généraux et de hautes personnalités.
La défense veut scier l'arbre sur lequel repose l'accusation. Dans son viseur, une centaine de procès-verbaux établis par le Conseil national de cyberdéfense (CNC). Sur la forme d'abord, la défense affirme que l'officier de police judiciaire qui les a rédigés n'a pas qualité, sous-entendant qu'il serait un imposteur.
L'autre argument porte sur la légalité des agissements du CNC : les avocats estiment que ce service n'est pas compétent pour procéder à des interpellations, arrestations, perquisitions, détentions ou auditions. C'était le cas de l'ancien chef de l'armée Christian Tshiwewe, dont la résidence avait été perquisitionnée en juillet 2025, sans mandat.
Tous les avocats se sont dits choqués par les conditions d'interpellation de leurs clients. Les récits sont identiques : des militaires débarquent dans des résidences en pleine nuit, maîtrisent les gardes et exfiltrent les officiers, cagoulés, vers des lieux tenus secrets pendant plusieurs mois.
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L'auditeur général de l'armée et le ministère public ont promis une réplique « appropriée », « percutante » et « foudroyante » lors de l'audience du 27 août. La Haute Cour devra s'accorder un délai pour statuer avant le début de l'examen de l'affaire au fond.