Congo-Brazzaville: Numérique - La connectivité, un enjeu économique (15 août)

Le numérique occupe une place croissante dans l'économie congolaise. Téléphonie mobile, transferts d'argent, services administratifs, commerce en ligne, médias numériques et travail à distance dépendent de plus en plus de la qualité des réseaux.

La connectivité est devenue un enjeu pour les entreprises. L'accès à internet permet de développer de nouveaux services, de toucher des clients au-delà de leur zone géographique et de faciliter les échanges avec les marchés extérieurs.

Cette évolution explique la place accordée au numérique dans les politiques publiques, notamment à travers le Projet d'accélération de la transformation numérique qui vise, entre autres, à améliorer les infrastructures et l'accès aux services numériques.

C'est après plusieurs décennies consacrées au déploiement des infrastructures que le défi change de nature. Il ne s'agit plus seulement de savoir si le Congo est connecté aux réseaux internationaux, mais de déterminer dans quelles conditions cette connectivité bénéficie réellement à la population.

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Le coût de l'internet, la qualité du réseau, la couverture des zones rurales, l'accès à l'électricité et le prix des équipements restent des facteurs déterminants. À cela s'ajoutent de nouveaux enjeux : la protection des données personnelles, la cybersécurité, la souveraineté numérique, la formation aux compétences numériques et l'accompagnement des institutions publiques ainsi que des entreprises privées dans leur transformation.

L'arrivée de nouvelles technologies, notamment l'intelligence artificielle, ajoute une autre dimension à cette réflexion. Le Congo devra non seulement disposer de réseaux capables de supporter des volumes croissants de données, mais aussi développer les compétences nécessaires pour utiliser ces technologies et en tirer une valeur économique.

Un rebond dans l'histoire

En 66 ans, le pays est passé d'un réseau de télécommunications limité à un système connecté aux grandes infrastructures numériques internationales. Pour rappel, en 1960, au moment de son accession à l'indépendance, le Congo disposait d'un réseau de télécommunications encore limité, principalement concentré dans les grands centres urbains, Brazzaville et Pointe-Noire.

Les communications à longue distance reposent alors sur des infrastructures radio et des équipements hérités de la période coloniale. Soixante-six ans plus tard, le paysage a profondément évolué : téléphonie mobile, internet haut débit, fibre optique et câbles sous-marins ont progressivement intégré le quotidien des Congolais.

Cette évolution raconte aussi celle d'un pays qui cherche à adapter ses infrastructures aux nouveaux usages. Car si l'enjeu était autrefois de relier les principales villes entre elles, il consiste aujourd'hui à connecter davantage la population, à réduire les disparités territoriales et à faire du numérique un outil de développement économique et social.

Se faisant, l'histoire des télécommunications montre que chaque progrès technologique a fait émerger de nouveaux besoins. Après avoir relié les villes, puis généralisé le téléphone et l'accès à internet, le pays doit désormais travailler sur l'accessibilité, la qualité des services, les compétences et la sécurité numérique.

Le prochain chapitre de la connectivité congolaise ne se jouera donc pas uniquement dans les câbles et les antennes. Il se jouera aussi dans les écoles, les entreprises, les administrations et les usages quotidiens, avec une question centrale : comment transformer une infrastructure de connexion en véritable outil de développement ?

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