En Afrique du Sud, les défenseurs de l'environnement et les communautés qui vivent de la pêche au sud du pays ont eu raison d'une multinationale pétrolière, ce 14 août. L'entreprise britannique Shell s'est vue retirées pour de bon ses autorisations d'exploration offshore au niveau de la Côte Sauvage (Wild Coast), le long de l'océan Indien, après examen du dossier par la Cour Constitutionnelle de Johannesburg, la plus haute juridiction du pays. La justice considère que les habitants n'avaient pas suffisamment été consultés.
Le bras de fer durait depuis 2021 en Afrique du Sud, lorsque des communautés locales et des ONG se sont opposées aux explorations sismiques prévues par Shell. C'est ce qu'explique Melissa Groenink-Groves représentant Natural justice, l'une des parties prenantes à la procédure.
« La Cour Constitutionnelle a reconnu que l'océan permet à ces communautés de subvenir à leurs besoins, mais aussi qu'elles entretiennent avec lui un lien traditionnel et spirituel. Elles considèrent que l'océan continue d'abriter leurs ancêtres. C'est la première fois que la Cour adopte une telle approche ».
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Cette décision vient mettre fin aux recours, et pour Charles Simane, du Climate Justice Charter Movement, c'est un bel exemple de démocratie. « Qu'une communauté rurale puisse s'opposer à une multinationale telle que Shell, ça réaffirme les principes de notre Constitution, notre possibilité de dire non, et les droits des populations locales ».
Un possible précédent
Ce dénouement pourrait créer un précédent dans le secteur, sur place, alors que d'autres blocs offshore attirent les appétits notamment de TotalEnergies sur la côte Ouest ; et même à l'international, relève Eugene Perumal, de Greenpeace Africa. « C'est une onde de choc envoyée à l'Afrique. Car cela veut dire que d'autres tribunaux du continent pourront se servir de cette décision pour affirmer que les citoyens doivent primer sur le profit lorsque de grosses entreprises veulent mener leurs projets ».
En réponse, Shell réaffirme son engagement à mener des explorations « responsables ». Quant au gouvernement, il n'a pas encore réagi, mais le ministre du Pétrole sud-africain avait déjà exprimé par le passé sa colère à l'égard des procédures judiciaires qui, selon lui, freinent le développement du pays.
Shell a, de son côté, encore des intérêts dans d'autres zones offshore sud-africaines, plus à l'ouest.