En Libye, le pouvoir de Tripoli garde toujours le silence sur les responsables des attaques qui ont touché la ville de Zawiya de samedi à lundi 8 août dernier. Des drones kamikazes avaient visé des infrastructures vitales dans cette ville située à une cinquantaine de km de la capitale Tripoli.
Ils ont détruit une station électrique ainsi qu'« une cuve contenant 13 millions de litres d'essence », selon la société Breiga qui gère le complexe pétrolier. L'incendie a duré plusieurs jours avant d'être fixé, ce qui a causé une catastrophe écologique et économique. Des voix se sont élevées pour désigner, comme responsable, une milice fidèle au Premier ministre Abdelhamid Dbeibah.
Selon nos informations, les drones kamikazes utilisés sont des FPV (First Person View) de fabrication ukrainienne et qui fonctionnent par fibres optiques. Les photos et les vidéos du lieu des attaques les montrent clairement. Le Premier ministre libyen avait acheté ces drones à l'Ukraine et les a déjà utilisés, à plusieurs reprises, contre les milices à Zawiya.
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Autre indice très fort, un drone FPV kamikaze s'est abattu, lundi 10 août, sur une villa près de l'aéroport de Tripoli, tuant une fillette de 7 ans. Non loin de cette villa, se situe la base de la brigade 111, dirigée par Abdessalam Zoubi, chef de milice nommé, en 2024, ministre délégué à la Défense, par le Premier ministre Dbeibah.
Selon des sources militaires, dans cette base il y a bien des systèmes de lancement de drones ukrainiens. De nombreuses voix se sont élevées, ces derniers jours, pour réclamer le retrait de ces drones aux milices.
Selon nos informations, les travailleurs, dont des étrangers et des Américains, de la centrale électrique frappée à Zawiya, ont été évacués le matin même de l'attaque. Les États-Unis ont réclamé une enquête, mais depuis 2011, jamais une enquête n'a abouti en Libye.
Réunion sécuritaire
Le mardi 11 août et d'une manière soudaine, comme l'a relaté la presse libyenne, une réunion sécuritaire a eu lieu entre un chef de milice de Zawiya qui s'opposait, jusqu'ici, au gouvernement, et des responsables proches du gouvernement. Il s'agit de Mohamad Bahroun, alias al-Far, grand trafiquant d'essence et d'êtres humains qui s'est réuni avec Ibrahim Dbeibah, le neveu et conseiller du Premier ministre ainsi que Sofiane Chibani, l'ambassadeur libyen aux Emirats. Une photo a été publiée à l'issue de la réunion sécuritaire où ils sont tous les trois tout sourire.
Les frappes de drones ont subitement cessé. Plusieurs analystes et observateurs libyens dénoncent le fait que des infrastructures vitales soient utilisées comme un moyen de pression dans la lutte pour le pouvoir.
Zawiya a connu la semaine dernière des nouveaux affrontements entre milices toujours en lutte pour l'influence et le pouvoir. Al-Far était impliqué.
Cette quatrième plus grande ville de l'ouest libyen concentre le trafic de tous genres, d'essence, de drogue ainsi que d'êtres humains et d'armes. Elle est sujette à des violences récurrentes.