Dakhla, la mémoire de l'histoire se lit désormais dans le visage d'une ville en pleine métamorphose. A la veille des activités commémorant le 47e anniversaire du retour d'Oued Eddahab à la mère patrie, une brève conversation entre Mustapha El Ktiri, Haut-Commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l'Armée de libération, et le vice-président de la région, en présence notamment du secrétaire général de la wilaya et du secrétaire régional chargé des affaires régionales, a permis de prendre la pleine mesure des mutations que connaît la cité depuis l'accession de S.M, le Roi au Trône, en 1999.
Au fil des échanges, les souvenirs d'hier se heurtent au visage d'aujourd'hui: infrastructures modernisées, équipements flambant neufs, développement urbain maîtrisé, essor économique soutenu et ouverture croissante de la ville sur son environnement régional et international. L'élu local raconte cette métamorphose avec la mémoire vive de celui qui a vu Dakhla changer, pierre après pierre, projet après projet.
Mustapha El Ktiri, lui, inscrit ces transformations dans la continuité d'une histoire nationale dont la récupération d'Oued Eddahab reste l'un des chapitres les plus fondateurs.
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Ce dialogue entre mémoire et modernité, esquissé en amont des festivités, a trouvé son prolongement naturel dans le discours prononcé vendredi par Mustapha El Ktiri. C'est devant des élus, des autorités locales et des figures de la résistance qu'il a rappelé que la métamorphose de la ville ne saurait occulter le prix du sacrifice.
Selon lui, la récupération d'Oued Eddahab s'inscrit dans la lignée des épopées nationales qui restent gravées dans la mémoire de par leurs valeurs nobles de patriotisme et de sacrifices.
Il a rappelé que cette étape héroïque de l'histoire nationale, commémorée dans la joie et la fierté, renseigne sur l'attachement sans faille du Trône Alaouite et du peuple marocain aux valeurs de liberté et d'indépendance et au parachèvement de l'intégrité territoriale du Royaume.
Il a, dans ce cadre, mis en avant l'attachement indéfectible des populations de la province d'Oued Eddahab au Glorieux Trône Alaouite et à la Patrie, outre leur mobilisation constante face aux manoeuvres étrangères en défense de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale du Royaume.
Passant en revue les étapes marquantes ayant permis au Maroc de s'affranchir du joug colonial, le Haut-Commissaire a fait savoir que la fin du protectorat a marqué l'amorce de l'édification du Maroc moderne, dont l'une des premières priorités était la libération complète du territoire national.
Selon M. El Ktiri, le lancement des opérations de l'Armée de libération dans le Sud du Royaume en 1956 a illustré la volonté des Marocains de parachever l'intégrité territoriale de leur pays, rappelant que le Sahara marocain a été le théâtre de nombreuses épopées, à l'instar de la première et la seconde bataille d'Oum El Achar, en plus de celles de Merguala, Souihat, Rghioua, Oued Safa et Dcheira.
Dans la même veine, il a rappelé que Feu SM Mohammed V n'avait cessé de réclamer le droit du Royaume à libérer son Sahara, notamment dans Son célèbre discours prononcé le 25 février 1958 à M'hamid El-Ghizlane, lequel a été décisif quant à la détermination du Maroc à aller de l'avant dans le recouvrement de ses terres spoliées au Sahara.
Ces efforts inlassables ont été couronnés, d'abord, par le retour de Tarfaya dans le giron de la nation le 15 avril 1958 et de Sidi Ifni le 30 juin 1969, puis par l'organisation, le 6 novembre 1975, de la glorieuse Marche Verte, suivie du départ du dernier soldat étranger des provinces du Sud du Royaume le 28 février 1976. La récupération d'Oued Eddahab, le 14 août 1979, témoigne, à son tour, de l'ancrage des tribus sahraouies dans le socle fondateur de l'identité et de l'unité nationales, a-t-il poursuivi.
Et de rappeler encore que les oulémas, les notables et les chefs de tribus de la province d'Oued Eddahab s'étaient rendus au Palais Royal de Rabat pour renouveler le serment d'allégeance et réaffirmer leur attachement indéfectible au Glorieux Trône Alaouite, ainsi que leur marocanité et leur engagement constant en faveur de l'intégrité territoriale et la souveraineté nationale du Royaume.
A l'occasion de ce meeting, un hommage a été rendu à cinq anciens résistants et membres de l'Armée de libération de la région, en reconnaissance de leurs sacrifices pour la liberté et l'unité de la Patrie.
Par ailleurs, le Haut-Commissariat a octroyé 63 aides d'un montant total de 509.168 dirhams au profit d'anciens combattants et d'ayants droit.
Ont notamment pris part à cet événement le wali de la région de Dakhla-Oued Eddahab, gouverneur de la province d'Oued Eddahab, le gouverneur de la province d'Aousserd, des élus et des personnalités civiles et militaires, outre des membres de la famille de la résistance.
Au fond, cette commémoration rappelle que la mémoire d'Oued Eddahab ne se limite pas au souvenir. Elle se lit aussi dans la transformation de Dakhla, devenue une ville moderne et tournée vers l'avenir. Entre ceux qui ont porté le combat pour le retour de la province à la mère patrie et les générations qui construisent aujourd'hui son avenir, le même lien demeure : celui de l'histoire, de la mémoire et de la continuité nationale. 47 ans après, Dakhla rend hommage à son passé tout en avançant résolument vers l'avenir.