En Côte d'Ivoire, selon le ministère des transports, plus de neuf accidents sur dix sont liés au facteur humain avec plus d'un millier de morts chaque année. Face à ce fléau, une plateforme numérique entend agir en amont pour inverser la tendance à travers l'éducation. Baptisée « Bon Chauffeur », elle sensibilise automobilistes, motocyclistes et piétons aux règles de circulation, en rendant l'apprentissage du code de la route plus simple et plus ludique. Comment le numérique peut-il contribuer à changer les comportements sur les routes ivoiriennes ?
« Quand tu vas sur la plateforme, ce sont des questions-réponses. A la fin, tu as un score et ton corrigé ». Apprendre le code de la route tout en jouant : sur « Bon Chauffeur », les usagers peuvent tester leurs connaissances sur les panneaux de signalisation, les marquages routiers, les règles de conduite, mais aussi sur certains aspects techniques du véhicule. L'objectif est de rendre le code de la route plus accessible et surtout familiariser les usagers avec les bonnes pratiques de conduite.
Dédramatiser
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Une approche volontairement ludique, pour dédramatiser la sécurité routière. Jean Marc André Kouadio est le promoteur de cette plateforme numérique : « Quand on parle de sécurité routière, le vocabulaire qui sort de ça c'est contravention, infraction, police, fourrière, c'est un vocabulaire qui est vraiment stressant. Et moi aujourd'hui avec l'outil que je déploie, je veux qu'on fasse "ami ami" avec ça. Qu'on puisse tout savoir du code de la route. Qu'en fait, ce vocabulaire soit démocratisé et qu'on ait pas peur en fait. »
La plateforme s'invite aussi dans l'espace urbain. Notamment aux arrêts de bus, où des QR codes permettent d'y accéder directement. C'est ainsi que Christophe Koffi, chauffeur dans une entreprise de la place, a découvert « Bon Chauffeur » : « Au niveau des panneaux de signalisation, les sens interdits j'ai quand même oublié certaines choses. A travers l'application quand j'ai commencé à l'utiliser, ça m'a permis de vraiment faire une révision. »
« Il faut aussi penser à ceux qui ne savent pas lire »
« Cette plateforme est la bienvenue », se réjouit François Koné, président de l'Association pour la défense des droits des chauffeurs en Côte d'Ivoire. Pour lui, celle-ci répond à une réalité : « Une fois le permis obtenu, nombreux sont les conducteurs qui ne révisent plus le code de la route. Mais il faut aussi penser à ceux qui ne savent pas lire. »